La librairie la plus proche l’est pour la géographie et pour le cœur. C’est une découverte en deux temps. Avec un instant de flottement entre les deux. D’abord il y a le nom, c’est par là que j’entre dans la librairie. Le nom di la poésie, dit Eluard, dit du sensible et de la couleur. Elle dit du bleu, elle dit de l’orange et c’est une réminiscence du poème découvert, enfant, et qui se confond avec un autre poème de CP ou CE1, j’ai un petit chat qui s’appelle Orange. Alors le chat devient bleu, il y a une teinte orangée, solaire, quelque chose de très joyeux, de frais et solaire à la fois et c’est ce qui m’attire à la librairie. Plus tard, il y a la libraire, qui n’est alors à la fois plus et pas encore la libraire, elle aussi dans un entre-deux, un espace-temps qui n’est plus tout à fait la librairie et pourtant viscéralement, elle y est attachée. C’est parce que la libraire est poète. Qu’elle partage son recueil fraîchement paru avant qu’une pandémie ne nous éloignent. La libraire est une amie, une âme-sœur, une compagne de festivités de théâtre et de littérature, de photographie. La libraire est précieuse. Elle est encouragement et accueil, elle est amitié. Alors la librairie est une librairie-amie, parce que la libraire, parce que l’accueil. La librairie est lieu d’intimité et d’attachement.