Le livre, inlassablement : revenu au début. Au début de l’histoire, au début du livre. Se rembobine comme une pellicule. S’il parlait, le livre, on entendrait une voix dire les mots à l’envers, l’impression d’une voix, d’une langue étrangère, de mots avalés, comme de travers, qu’on pourrait s’étrangler avec, mais mots non bus, entrés-ressortis par l’oreille, incompris. Le livre en surimpression sur l’écran et comme un craquement de la pellicule à chaque fois qu’il revient en arrière. Un crépitement du son ancien, un crissement et les feuillets du livre repartent au début, feuilletage inverse et l’impression de stagnation. Le livre ne progresse pas, la lecture s’éternise et l’écran scintille plus fort. A force ça va cramer le film. Le livre ouvert se referme et s’ouvre au début. Inlassablement.
engouffré cette salve de rattrapage — est-ce qu’un livre ne s’ouvre pas toujours au début : de sa lecture ? est-ce que les séances de lecture ne comptent pas plus que les livres eux-mêmes — qui (n’)en sont (que) les supports ? bref, est-ce que l’expérience ne compte pas plus que l’œuvre ?
ton rapprochement du livre et du film, ça me rappelle un délire que j’ai : un livre qui se lit tout seul
j ‘aime beaucoup ce zoom sur ce livre ouvert et son anthropomorphisme comme s’il était une bouche ouverte, son effeuillage, son étranglement comme submergé par les mots qu’il renferme…
L ‘idée du « craquement de pellicule » très intéressante …
merci Perle
belle idée du livre pellicule qui va sans cesse à rebours, ce qui rend la lecture impossible
pire encore qu’un livre perdu !
salut Perle