1 – comment va le monde ?
Il va à sa perte madame, le dérèglement climatique, les guerres, le reste, c’est le chaos, il vacille, le monde, qui sait peut-être renaîtra-t-il autrement de cet effondrement
2 – flash d’une journée périgourdine
p’tit déj sur la terrasse à l’ombre de la tour XIIe du château. Farandole des martinets dans le ciel. Chant d’oiseaux non identifiés, bien cachés dans les marronniers. Au loin, les douces collines encore vertes de ce petit coin de Périgord aux paysages presque limousins
tu penses à ces paysages du Périgord noir, un peu plus au sud, tellement arpenté lors de ton activité professionnelle. Six mois déjà. Première fois que tu reviens en Dordogne
par deux fois les cloches de la petite église romane du village sonnent les dix coups de l’heure. On écoute la résonance des sons contre les murs du château jusqu’au silence complet. Presque une minute
tenter de photographier le vol des martinets pour le haïku. Raté, raté et re-raté !
au loin sur les côteaux, on devine la petite route au moment oû circulent un tracteur et des voitures miniatures
relecture du prologue de l’atelier d’été
aller jusqu’au compost avant les grosses chaleurs la petite bassine se remplit vite avec les épluchures de fruits et légumes, fraîcheur des repas d’été salades et fruits
ciel désespérément bleu, pas un nuage
se rendre dans la petite ville proche pour quelques courses alimentaires
paysages ondoyants, moins verts qu’en début de semaine, jaunis par les fortes chaleurs. Parsemés dans les champs, des bottes de foins rondes. Joli pour l’œil, pas facile à stocker disent les paysans
mosaïque de parcelles et de couleurs. Alternent prairies, forêts, champs de maïs, parcelles de foin coupé, vergers de noyers, forêt de chênes et châtaigniers. Au milieu d’un pré, le squelette d’un chêne isolé
au loin, un troupeau de vaches limousines cherche l’ombre des peupliers
supermarché – achat, entre autres, d’une bouteille d’huile de noix de Dordogne
douze coups de midi, cinq minutes plus tard à nouveau les douze coups. Surprise par trois coups quelques minutes plus tard. L’angélus.
sur la place du foirail, quatre camionnettes d’Enedis. Les ouvriers déjeunent à l’ombre des marronniers
quarante et un degrés à l’extérieur, se calfeutrer, attraper dans la pile de livres Marginalia Woolf de Christine Jeanney
une partie de rummikub. 5-6-7 rouge. 9 noir 9 jaune 9 bleu. 5-7-5. Ne sais plus trop si tu joues au rummikub ou si tu écris des haïkus
elle dit, j’irai arroser les auges vers 21H30, il fera peut-être moins chaud
lire le post du jour d’André Markowicz – Russie : le chaos monte. En Crimée les autorités mafieuses ont décrété que la vente d’essence était interdite sur l’ensemble du territoire
l’angélus de dix-neuf heures différent de celui de midi. Trois coups brefs. Puis déchaînement des cloches à la volée
préparer la salade grecque en écoutant un podcast avec Ernest Pignon Ernest
tombée de la nuit retrouver la terrasse, les températures ont baissé. En silence on observe le coucher de soleil. Les chauves souris ont remplacé les martinets. Les chouettes, les corneilles
la nuit est noire. Petite ourse, premier quartier de lune. Elle identifie Vénus
ouvrir les fenêtre la nuit avec cette canicule ? Oui, non ? elle décide de les ouvrir en se couchant à une heure du matin. Les referme à six. Une nuit courte
3 – Impression et nuages
Le critique Louis Leroy, le 25 avril 1874 en découvrant l’Impression au soleil levant de Monetécrit dans le Charivari : Impression, j’en étais sûr. Je me disais aussi, puisque je suis impressionné, il doit y avoir de l’impression là-dedans… Et quelle liberté, quelle aisance dans la facture !
En écrivant ces lignes, je me souviens de mes différentes rencontres avec cette peinture. La première fois, du temps de l’enfance. Une visite en famille au musée Marmottan. La seconde, en couverture du livre Comprendre l’impressionnisme paru dans les années quatre-vingt. Un livre à maintes reprises feuilleté, lu et relu. Une autre visite à Marmottan à l’âge adulte ; souvenir de ce jour bien particulier où j’ai contemplé un long moment le tableau. Clignant les yeux pour voir l’eau scintiller. Admirant le reflet du port dans les Bassins. Scrutant la technique des Impressionnistes autorisant les formes et les couleurs incongrues, source d’émotions. Comprenant comment, par petites touches, ils peignent le mouvement. En octobre dernier, un matin au Havre en rejoignant le bâtiment des Docks, je ressens une vive émotion en observant le soleil levant se refléter dans les bassins. Acccompagné d’un halo de lumière et de nuages aux couleurs douces jaune et orangé. En un éclair, j’ai sous les yeux le tableau de Monet. Ce tableau a-t-il éveillé ma passion pour l’observation des nuages ?
4 – journal d’écriture
Le positionnement de mon établi d’écriture évolue durant ce séjour périgourdin avec la canicule. Ce matin sur la terrasse, à l’ombre, l’ordinateur posé sur une table en bois. Un peu défraîchie, elle reste à l’extérieur une partie de l’été. Contrairement au bureau de mon domicile, la table est peu encombrée. Un ordinateur, un verre, une bouteille d’eau. Un mug de café. Le téléphone connecté à l’ordinateur. Un livre.
35 degrés, la brise tombée, direction le salon, mes jambes se transforment en écritoire. Plus tard je me rapatrie dans la chambre, la pièce la plus fraîche. Les velléités d’écriture se transforment en sieste.