# chroniques 6 | exercices

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Il dit parfois que je suis sa liberté, que je suis le poumon que Dieu lui envoie pour qu'il respire enfin, que je suis les yeux qui lui font voir que le monde n'est peut-être pas totalement foutu. 
La commode aux tiroirs de couleurs p 60, Olivia Ruiz jclattès 2020

Tu ressentais la protection de toutes les forêts du monde, habitées de toutes les forces protectrices, esprits animaux ancêtres.
Tout le monde croisait les doigts autour de toi.
Les souvenirs se collectent à la gomme, Philippe Liotard, Chroniques #5 été 2026

 Ce savoir pratique des acteurs constitue un monde, toujours en actualisation : parce que « l’histoire continue », d’une part, mais aussi parce qu’on y confère toujours un rôle à l’enquêteur. 
compte rendu sur Cairn de : Jean Bazin, Des clous dans la Joconde. L’anthropologie autrement, Toulouse, Éditions Anacharsis, 2008, 608 p.( texte indiqué par Phil)

|1|. (sans y parvenir)

force monde élève

2.

je ne sais pas comment sont les autres maisons familiales mais dans la mienne manger avait une grande importance – elle avait trois étages, on appelait les enfants « à table » criait-on mais pas « venez manger » – la salle à manger jouxtait la cuisine et dans son prolongement le salon – au coin de la salle à manger, une bonbonnière où des verres (du cristal sûrement), la bouteille de cointreau, l’argenterie

mange tes morts est une expression entendue quelque part sans vraiment savoir à quoi elle peut bien correspondre, une injonction dans un sens injurieux peut-être – les gitans les enterrent debout mais ne les mangent pas – cette façon d’utiliser le mot « proie » pour intituler ce verbe manger a quelque chose d’inopportun et pour tout dire de déplacé dans ce contexte et pointe pour moi vers le prédateur, le maniaque, ces histoires bétharram et compagnie qui m’exaspèrent (ce qui n’est rien en regard des sévices subies par ces mômes – mais qui en dit peut-être assez long sur celles et ceux qui les inscrivent dans ces établissements)

après il y a La grande bouffe (réjouissante mais un peu dégueulasse : dans le même ordre d’idée, placer la scène de Brazil où la mère du héros explose de manger – trop, sans doute) et plus joli disons Le festin de babette et plus drôle sans doute La party (en règle générale, comme aux scènes de lit et à bien d’autres thèmes, celles de repas sont symboliques d’une certaine façon d’envisager le cinéma)

il est bon de mettre le cinéma (cf.4 plus bas) à toutes les sauces ou du moins de s’en servir – ça prend un goût particulier, un peu comme les références qu’on utilise pour tenter de se faire mieux comprendre – vous reprendrez bien un peu de cuisine

3.

l’aide
les bords de l’Oise, un soir et trois trouffions – soldats du rang – deuxième pompe (cette façon de parler des militaires qui exclue de fait celles qui ne la connaissent pas – il est vrai qu’il existe des pays où les femmes doivent à leur nation d’effectuer ce service intitulé militaire – trois jours un peu comme la retraite de communion servent à évaluer les savoirs ou les psychés les âmes les mœurs les morales des nouveaux arrivants – l’affaire était censée durer un an (dans d’autres cas, on envoie ça à la guerre (ce qu’il leur manque c’est une bonne guerre racontaient les ordures – il y en a dans tous les pays sous toutes les latitudes, et certainement dans tous les temps, plutôt du genre masculin bizarrement – pour celle d’Algérie – quand même elle aurait été dénommée « pacification » – lesdits troufions devaient vingt-sept mois à leur patrie) ça se passe du côté de Compiègne, trois appelés, donc, deuxième classe est leur grade (en l’occurrence la classe : l’un est prof de maths, a un enfant ; l’autre plus jeune, apprenti quelque chose ; le troisième étudiant), c’est le mois d’août (celui où se recrutent essentiellement les étudiants : ainsi ne perdent-ils qu’un an car c’est, pour la plupart d’entre eux, un an de perdu, en effet – un an pour apprendre le maniement des armes et la discipline, le fait d’obéir aveuglément aux ordres seraient-ils (mais comment ne seraient-ils pas?) imbéciles donnés par une espèce de bidule nommés souzoff – kapo, serpatte ou juteux) et ça discute assis sur l’herbe jaune des quais – ça envisage les moyens de couper court à cette mascarade – c’est là en habit, des vêtements d’un marron passé, avec des poches poitrine épaulettes pantalons informes grosses chaussures noires à cirer (ces vêtements sont censés être entretenus, lavés et repassés – suivant des codes que lesdits souzoffs vérifient de temps à autre – durant les permissions accordées à certains moments, lesquelles permissions peuvent parfaitement servir de chantage pour l’exécution de quelque corvée (chiottes patates vaisselles tout est bon mais plutôt inoffensif sinon pour un orgueil mal placé – en d’autres temps (en Algérie justement) « la corvée de bois » correspondait à emmener des prisonniers dans un coin perdu et les exécuter sans autre forme – une corvée comme une autre) comment s’échapper, comment s’évader sinon par quelque ruse – anatomique (on se coupe un doigt ou un orteil) psychologique (on mime la folie), médicale (on attrape une maladie, quelconque, style hépatite…) on est prêts à n’importe quelle folie ou autre solution imaginaire – on cherche, on ne trouve pas, et puis on rentre au camp. L’amitié se lie pourtant. Un de ces jours de septembre, un capitaine m’appelle pour m’annoncer (ou est-ce plutôt qu’on m’avertît par lettre et que je demandais alors une entrevue avec ce gradé officier officiel faisant office de chef référence ou quelque chose, je ne sais plus) un accident terrible ayant eu lieu dans ma famille. Dans ces cas-là dit-il vous avez droit à une permission de vingt-quatre heures. Pour aller voir les vôtres. Mais je vous avertis que vous n’en aurez pas d’autre et qu’elle sera retenue sur votre quota – si vous y tenez, je vous l’accorde – si vous voulez y réfléchir, donnez-moi votre réponse avant ce soir. Rompez
L’aide des amis n’avait valeur que pour me rassurer mais elle faisait place à une certaine humanité. Je n’avais pas à être convaincu, je savais ce que j’avais à faire mais savoir qu’ils pensaient la même chose que moi eut sans doute un effet bénéfique. Si c’est votre réponse, j’en tiens compte dit le gradé officier officiant officiellement en tant que chef de bataillon ou je ne sais quoi d’autre, mais sachez que choisir cette possibilité ne fera pas de vous un homme. Rompez
Un homme du rang, un homme de troupe
Parfois raconter cette histoire fait de moi quelque chose comme un social-traître (ça ne se dit plus) ou un transfuge (c’est plus contemporain), mais c’est égal je garde l’aide des amis, je crois avoir oublié le visage du gradé (s’il avait quarante ans, il en a aujourd’hui près de cent à moins qu’il ne soit mort au combat ou ailleurs)

4.

l’inventaire des films chroniqués dans la maison[s]témoin, augmenté de ceux dans ville&cinéma indique un genre de tropisme envers cette espèce d’art – ce genre-là interroge la pratique des salles obscures comme on dit (elles ne le sont que partiellement) (« pas pour le film mais pour ce qu’on y fera » dit la chanson (Michel Berger) – « et on a eu beaucoup d’enfants » dit (Boris Vian) cette autre chanson) : ici un autre tropisme pour la chansonnette (petite est-ce sa caractéristique, trois minutes trente pour « passer » à la radio ?) car la France est le pays où tout se termine par des chansons dit-on – France terre d’accueil tout autant (on vient de foutre dehors des réfugiés et ceux qui campaient à Saint-Mandé devant le SAMU social) (terre d’asile hein) – la patrie rapatriée en soixante) – le cinéma (rue Michelet et de Tolbiac) genre de tropisme envers cet art intitulé tel mais par qui ? (septième à compter de la fin du dix-neuvième début vingtième, et pourquoi pas la psychanalyse ? laquelle est probablement un troisième tropisme, au même titre que la sociologie/ethnologie/anthropologie) (du boulevard Raspail) (ça fait quatre) (les six premiers ont d’autres âges et d’autres ampleurs non ? En vrai non…) (non loin de la rue de Belleville se trouve une enseigne « aux trois arts » dont le garçon (l’un des) ne connaissait ni la raison (le patron avait un café ailleurs précédemment intitulé ainsi, mais lui n’en savait pas plus) ni l’explicitation – Kant aurait à y voir) (le poète chantait « les quat’zarts » au bal desquels nous n’iriont plus danser (Georges Brassens)) (les jeux vidéos y prétendent – pourquoi pas ? Quand on en sera au vingt-cinquième ainsi qu’on parle des heures, on en changera probablement les canons – « on » sont des contemporains de ces 25-là) tout ça pour dire qu’on avance sans savoir vers où non plus que pour quoi ( » l’histoire continue « )

5.

la grace de dieu
l’hôpital de la grace de dieu
la porte de l’hôpital de la grace de dieu
le gris de la porte de l’hôpital de la grace de dieu
la médiocrité du gris de la porte de l’hôpital de la grace de dieu
la cause de la médiocrité du gris de la porte de l’hôpital de la grace
l’étendue de la cause de la médiocrité du gris de la porte de l’hôpital
l’amenuisement de l’étendue de la cause de médiocrité du gris de la porte
la possibilité de l’amenuisement de l’étendue de la cause de la médiocrité du gris
la conception de la possibilité de l’amenuisement de l’étendue de la cause de la médiocrité
la conscience de la conception de la possibilité de l’amenuisement de l’étendue de la cause
la prise de conscience de la conception de la possibilité de l’amenuisement de l’étendue
la volonté de la prise de conscience de la conception de la possibilité de l’amenuisement
la dénégation de la volonté de la prise de conscience de la conception de la possibilité
l’impossibilité de la dénégation de la volonté de la prise de conscience de la conception
l’outrance de l’impossibilité de la dénégation de la volonté de la prise de conscience
la flexibilité de l’outrance de l’impossibilité de la dénégation de la volonté de la prise
l’existence de la flexibilité de l’outrance de l’impossibilité de la dénégation de la volonté
la fin de l’existence de la flexibilité de l’outrance de l’impossibilité de la dénégation
la réalité de la fin de l’existence de la flexibilité de l’outrance de l’impossibilité
la joie de la réalité de la fin de l’existence de la flexibilité de l’outrance
le plaisir de la joie de la réalité de la fin de l’existence de la flexibilité
le principe du plaisir de la joie de la réalité de la fin de l’existence
l’étendue du principe du plaisir de la joie de la réalité de la fin

se clôt ici

A propos de Piero Cohen-Hadria

(c'est plus facile avec les liens) la bio ça peut-être là : https://www.tierslivre.net/revue/spip.php?article625#nb10" et le site plutôt là : <a href="https://www.pendantleweekend.net/ les (*) réfèrent à des entrées (ou étiquettes) du blog pendant le week-end

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