Rêve du balcon, arts de la fiction #01

Je suis sur un balcon. On dirait que c’est le milieu de la journée. Quelqu’un est à côté de moi et nous nous parlons. Nous sommes alertés par un bruit qui vient d’en haut. Du dessus du balcon viennent des bruits qui m’inquiètent.

On dirait que c’est le milieu de la journée en raison d’une luminosité banale, sans l’excessif éclat d’un après-midi d’été, sans les reflets de cuisson d’une lumière du matin ou du soir.

C’est comme si je n’arrivais pas à tourner la tête pour savoir avec qui je parle, sur ce balcon. La voix en elle-même ne me dit rien. Pour un peu je croirais qu’elle vient de l’intérieur de moi. Mais il y a bien quelqu’un à côté de moi, plutôt un homme.

Au-dessus du balcon il y a plus qu’un autre balcon, tout un appartement qui devrait être vide et d’où viennent pourtant des bruits. C’est cela qui est inquiétant.

Le milieu de la journée. On pourrait presque s’attendre au chant des sirènes. La réflexion me vient comme la sonnerie des sirènes est capable d’éclater, au premier mercredi du mois un peu après midi. Bien sûr, il ne s’agit pas des mêmes sirènes mais j’ai souvent confondu.

Et d’inquiétude, et de confusion, je me demande s’il ne faut pas appeler la police. Mais voilà, est-ce qu’il faut composer le 15 ou le 17 ? La question est en elle-même porteuse d’inquiétude. Et pourquoi pas le 16, après tout ? Demain, au réveil, nous serons le 16 septembre.

Dans quelques instants, on va très brutalement frapper à la porte et m’annoncer la mort d’un architecte.

Et j’aurai à me demander si ce n’est pas avec lui que je parlais, sur le balcon.

Mais très vite sa dimension d’architecte assez audacieux pour construire tout un monde au-dessus d’un balcon va disparaître derrière un acte d’héroïsme : il est mort pour s’être opposé à une bande de malfaiteurs qui avait réussi à s’introduire par le toit, à l’étage, au-dessus du balcon.

Et moi, je suis tout juste bon à être le type qui essaie de comprendre ce qui se passe depuis un certain balcon.

Car je suis sur un balcon. On dirait que c’est le milieu de la journée. Quelqu’un est à côté de moi et nous nous parlons. Nous sommes alertés par un bruit qui vient d’en haut. Du dessus du balcon viennent des bruits qui m’inquiètent.

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