Au fil de l’eau

Elle prenait les eaux à Vichy lorsqu’elle perdit les eaux et accoucha d’un garçon. Exactement neuf mois après le départ de son mari pour les Amériques. Elle le prénomma Benito pour la consonance latino-américaine et les vertus de l’eau bénite. L’époux parti pour remonter l’Amazone s’était arrêté à Camopi au bord de l’Oyapock. Elle attendait de l’or et reçut des pierres, de fort belle eau certes, mais peu prisées et difficiles à vendre. Quand elle s’en inquiéta et en fit le reproche au père, il s’employait avec des travailleurs chinois dans les marais de Kaw à endiguer les eaux salées de l’océan et à creuser des canaux pour drainer les eaux des pluies tropicales particulièrement intenses dans cette région. Qu’ils étaient loin ses rêves de plantation de canne et de production de rhum, l’eau de feu qui l’aurait rendu riche comme Jean Galmot ! Son entreprise prenait l’eau et son mariage allait à vau-l’eau, la mère de Benito espérant chaque jour le décès de l’aventurier qui la libérerait et lui permettrait de voguer vers d’autres eaux. C’est ainsi que débuta la vie de Benito.

A propos de Danièle Godard-Livet

Raconteuse d'histoires et faiseuse d'images, j'aime écrire et aider les autres à mettre en mots leurs projets (photographique, généalogique ou scientifique...et que sais-je encore). J'ai publié quelques livres (avec ou sans photo) en vente sur amazon ou sur demande à l'auteur. Je tiens un blog intermittent sur www.lesmotsjustes.org et j'ai même une chaîne YouTube où je poste qq réalisations débutantes. Voir son site les mots justes .

5 commentaires à propos de “Au fil de l’eau”

  1. (c’est le début de la vie de celui (abject personnage) qui a fini pendu par les pieds, piazzale Loreto à Milan, ou c’est le prénom qui m’influence, dis ?) (content de te voir là)

    • Non, pas au début ; c est l eau benite de Vale vietro qui m a conduite à Benito…croyant inventer un prénom. Moi aussi contente d être là et de vous retrouver. Mais loin de mes bases, j ai des soucis de connexion.