A propos de bernard dudoignon

Ne pas laisser filer le temps, ne pas tout perdre, qu'il reste quelque chose. Vanité inouïe.

#LVME #04 | girafe

Ils se disaient ça quand elle était vivante : les murs c’est fait pour les sauter, pour les faire tomber. Ça occupe. Ils avaient vu tant de murs monter pour empêcher les gens de passer, murs de pouvoir, murs de ségrégation. Frontière mexicaine, Israël, pays auxquels elle et lui étaient attentifs. ils haïssaient les murs, déclinés sous toutes leurs formes, Continuer la lecture#LVME #04 | girafe

#LVME #03 | kebab

Si réfrigérateur, cuisinière, tire bouchon, broyeur de noix, tablier à fleurs, définissent la cuisine, alors c’en est une, si c’est un espace clos dédié à la préparation des repas, alors non. L’espace devant lequel ils dansent, un pied dedans un pied dehors est espace de vie, seul un îlot lieu de rencontre marque limite, les enfants hauts comme trois pommes, Continuer la lecture#LVME #03 | kebab

#LVME #02 | le gemmeur

Il a entendu parler d’un grand terrain qui descend vers la mer, une maison au milieu, abritée de la dune, longtemps habitée par des gens qui se mélangeaient peu. Il vient voir, on ne sait jamais. Elle est morte il y a peu, sa compagne de quarante ans d’une vie plutôt heureuse. Pour la fin de leur histoire sans elle, Continuer la lecture#LVME #02 | le gemmeur

#LVME #01 | alors convoquons gary

Promets moi de ne pas faire de ton chagrin une facilité, une dérobade. Une demeure grise entourée de ronces et de ruines. Ah non ! Je ne veux pas que la mort gagne encore plus qu’elle n’emporte. Tu ne t’enfermeras pas à double tour derrière le murs du souvenir. Je ne veux pas devenir aide à la pierre. Nous avons Continuer la lecture#LVME #01 | alors convoquons gary

écopoétique #08 | immersion

Là-bas, ici aussi peut être, l’univers est un plan incliné suivi par une rivière invisible. Le monde supérieur est en amont, le monde des vivants est au milieu et le pays des défunts, marécageux, est en aval. La vie suit le sens du courant, de la naissance à la mort. L’univers des chamans du coin est de couches superposées séparées Continuer la lectureécopoétique #08 | immersion

#écopoétique #07 | non c’est pas tout

ni chanson douce ni dédain de l’esprit de la pluie ni projet ni décision pour les autres ni dérision ni toujours ni jamais ni évidence ni outrage ni douleur ni ricochet ni délibération ni solution ni regret ni projet ni regard en arrière ni blabla ni bouiboui ni regard au dessus de l’épaule de la pluie ni regard en dessous Continuer la lecture#écopoétique #07 | non c’est pas tout

#écopoétique #06 | Hard Rain

Tiens, la pluie, je profite de t’avoir à portée de clavier : la prochaine fois qu’un hôtel sordide brûlera, essaie d’être là à temps pour éteindre l’incendie. Elle et son fils s’en sont sortis salement amochés, sa fille est morte. La pluie, please, ready ?Fais des claquettes, la pluie ! danse sur mes souvenirs. La pluie de Madagascar, tous les Continuer la lecture#écopoétique #06 | Hard Rain

#écopoétique #05 | vivre un peu plus

Six étages de briques rouges, presque parfait accord avec l’immeuble voisin, celui qui fait l’angle et qui doit dater du début du vingtième siècle. Au rez de chaussée, des locaux de la largeur des boutiques anciennes de la rue. Quatre ont été regroupées et sont occupées par une Association, Centre Social et Culturel, c’est écrit sur la façade. Accessoirement, le Continuer la lecture#écopoétique #05 | vivre un peu plus

#écopoétique #04 | griot

Sur la grille devant la véranda, le lierre meurt. Il y a quelques mois, un gaillard bien intentionné a trafiqué par là, Jeanne lui a dit Ne coupez surtout pas les branches que je palisse depuis des années. Oui, oui, bien sûr ! et voilà : le lierre meurt. Jeanne, dès qu’on lui parle de quelque chose qui cloche au Continuer la lecture#écopoétique #04 | griot

écopoétique #03 | francis

Un matin de début d’automne météorologique, Jeanne sort du métro. Elle vient voir son médecin qui a déménagé pendant l’été. Devant elle, à à peine la largeur du trottoir, une plaque de rue banale : Avenue Georges Mandel. Ce qui la surprend, c’est qu’elle a dans son sac un livre qu’elle vient d’emprunter à la bibliothèque à l’autre bout de Continuer la lectureécopoétique #03 | francis