A propos de Eve F.

Rédige des assignations et des conclusions, défend le veuf et l'orpheline, écrit sur le Droit et son envers, la Justice et ses travers, le bien-être et son contraire, les hommes et pas que, le bruit du monde et ses silences, aussi.

#Boost #03 | Pleins feux sur les ombres

Journée banale. Pas d’audience. Travail de cabinet. Lire, écrire, téléphoner, relire, réfléchir, écrire encore, interroger le droit, chercher la morale, disséquer les faits, écouter beaucoup, écouter encore, chercher toujours. Le courrier du jour attend sur un coin du bureau. Au milieu des publicités pour les derniers codes revisités, de quelques factures papier qui résistent à l’ère du tout pixelisé, une Continuer la lecture#Boost #03 | Pleins feux sur les ombres

#boost #02 | Plus rien ne m’étonne

Pousser fébrilement vers le bas la petite poignée de la petite portière en fer rouge du petit camion de pompier. S’engouffrer dans la petite cabine, s’agripper au petit volant avec ses deux petites mains coincées dans des petites moufles en laine bouclée. Donner au grand monsieur à moustache un petit ticket rose ou vert et sentir soudain sous ses petits Continuer la lecture#boost #02 | Plus rien ne m’étonne

#anthologie #40bis | Un pavé dans la mare

C’est un livre en plusieurs volumes. Trente-neuf ou quarante probablement. Ou un livre entier gros, très gros, il faudrait une brouette pour le transporter. Fruit de la mise sous cloche d’une bande de plus d’une centaine d’individus pendant un étrange été d’une année qui l’était tout autant mais là n’est pas le propos. Il faudrait un ouvrage à lui tout Continuer la lecture#anthologie #40bis | Un pavé dans la mare

#anthologie #40 | Quatre, trois, deux , un….

4. La brocante Le dimanche, juste à côté du marché couvert, des brocanteurs amateurs s’installent pour la journée sur un bout de pelouse. C’est à la fois joyeux et triste, les exposants et les passants se connaissent, on est sur une petite île, et l’été c’est un bon moment pour vendre aux touristes ce qui sinon partira au mieux à Continuer la lecture#anthologie #40 | Quatre, trois, deux , un….

#anthologie #39 | Annoncer la couleur

Pour la mer qui se prend, par les larmes, à sécher Bouteille à la mer On dirait qu’on jetterait une bouteille à la mer, une bouteille qu’on aurait, avant de la fermer le plus hermétiquement possible, remplie à ras bord de tous les mots de la mer qu’on ferait naviguer, une bouteille qui un jour, dans un mois ou des Continuer la lecture#anthologie #39 | Annoncer la couleur

#anthologie #38 | Plaider coupable

Un jour de juin, un homme est contraint de plaider coupable pour retrouver sa liberté et sort de mille neuf cent jours d’emprisonnement pour avoir, un matin, ou une nuit, quatorze ans plus tôt, décidé de mettre à l’air libre, respirable par tous, des milliards de mots qui avaient été volontairement enfermés, cadenassés, claquemurés, encellulés. Au même moment ou presque Continuer la lecture#anthologie #38 | Plaider coupable

#anthologie #37| Quand je vois ce que je vois…

JE VIS… une jeune fille s’asseoir en face de moi, les yeux baissés, ayant un peu de mal à respirer. Aller chercher un verre d’eau, le poser devant elle. Elle avait déposé son manteau sur le siège à côté, dégagé ses cheveux longs en arrière, et avala tout, d’un coup sec. Lui proposer de prendre son temps pour me dire Continuer la lecture#anthologie #37| Quand je vois ce que je vois…

#anthologie #36 | Osaka-Paris (suite 35)

A chaque fois que tu rentrais de voyage et que l’on se retrouvait, sur un quai de gare ou dans un hall d’aéroport où j’aimais aller te chercher, on sentait tous les deux que le temps allait s’étirer comme pour rattraper ces moments où, toi si loin d’un pays du monde à un autre, moi à Paris, débordée comme la Continuer la lecture#anthologie #36 | Osaka-Paris (suite 35)