A propos de Juliette Derimay

Juliette Derimay, lit avidement et écrit timidement, tout au bout d’un petit chemin dans la montagne en Savoie. Travaille dans un labo photo de tirages d’art. Construit doucement des liens entre les images des autres et ses propres textes. Entre autres. À retrouver sur son site les enlivreurs.

#photofictions #05 | Un abîme

Il se tient bien droit, les pieds un peu écartés mais pas trop, pas de quoi faire cow-boy, juste pour être bien stable. Les coudes calés dans les côtes, ne pas bouger, surtout ne pas bouger. Pas beaucoup de lumière, alors surtout ne pas bouger. Elle est divisée sur l’avis à porter sur ces photographes qui prennent les photos en photo Continuer la lecture#photofictions #05 | Un abîme

#photofictions #04 | Portraits sans regards

C’est un portrait de dos, en noir et blanc. Pas besoin du visage. Les épaules qui tombent avec le tee-shirt qui fait ressortir le plat des omoplates, les mains qui pendent, la casquette inclinée qui lui cache ce qui est devant lui autant qu’elle doit cacher son regard aux autres. Un haut du corps épuisé qui contraste avec le galbe Continuer la lecture#photofictions #04 | Portraits sans regards

#photofictions #03 | Sieste et consentement

Il dort. Ou au moins il se repose, les yeux fermés, allongé par terre au milieu des feuilles mortes, sur le gazon cuit et râpé, la terre séchée par l’été et le manque de pluie. Couché sur le côté, il a la tête posée sur son casque en guise d’oreiller. Pantalon orange à bandes réfléchissantes, grosses chaussures de sécurité, une Continuer la lecture#photofictions #03 | Sieste et consentement

# Photofictions #02 | De temps en temps

Ici le proche des yeux n’est pas le proche des pieds. Pas de grandes étendues par où perdre la vue, pas d’horizon courbé. Ici, la peau de la terre est faite de pierres, de forêts, de montagnes. Ici le proche des yeux est bien loin pour les pieds tandis que le proche des pieds restera bien souvent, invisible pour les Continuer la lecture# Photofictions #02 | De temps en temps

# photofictions #01 | L’avant clic

La photo est prête dans sa tête depuis presque un an, depuis un passage dans le coin, une sortie hybride, mi-balade mi-repérage. Un photographe en balade reste un photographe. Regard déformé de celui qui regarde autrement. Attention à certains détails, à la lumière, aux textures, à l’agencement des différents plans entre eux, aux couleurs, aux cadrages. Une petite note vite Continuer la lecture# photofictions #01 | L’avant clic

#40jours #40 | Ça peut toujours servir

C’est l’inconvénient d’être seul dans la voiture : il y a de la place. Potentiellement trop de place. Alors tu ne tries pas, tu ne sélectionnes pas, tu emmènes tout, tu décides d’emmener tout ce dont tu penses avoir besoin : ça peut toujours servir. Des habits, évidemment. Des qui te tiendront chaud, des pour si il fait chaud, d’autres qui te Continuer la lecture#40jours #40 | Ça peut toujours servir

#40jours #38 | Islande

L’Islande est une île. C’est écrit sur son nom français pour qui lit l’anglais. Une île, et un pays, donc elle n’a a priori que des frontières naturelles et évidentes, la limite entre la mer et la terre. Mais vous êtes arrivés en Islande en avion. L’avion a passé la vraie frontière, vous l’avez vue en regardant par le hublot, Continuer la lecture#40jours #38 | Islande

#40jours #37 | La pieuvre

Tu irais bien encore jeter un œil ici et là, comme ça. Aucune obligation, mais une envie. Revoir un endroit, faire revivre un souvenir pour le rendre plus présent, lui donner plus de force, le remonter d’un étage, répit supplémentaire avant l’oubli. Tu en as plusieurs des endroits comme ça en toi.  Le petit lac de Cornillon qui te dit Continuer la lecture#40jours #37 | La pieuvre

40jours #36 | Dalmore beach

À Dalmore Beach, le cimetière et la plage font parking commun. L’immensité de l’océan, l’immensité de l’éternité. Vert pour l’un, bleu pour l’autre et les jours de tempête, gris pour tout le monde. Vous êtes ici définitivement à l’abri du vent, comme vous l’étiez, une fois rentrés le soir dans vos blackhouses, au toit de terre et d’herbe, le même Continuer la lecture40jours #36 | Dalmore beach

#40jours #35 | La ruine

Pour discuter entre nous, le calendrier officiel avec ses années régulières et ses numéros qui passent les 2000 n’est que très rarement utilisé. Pour dater un événement, on préfère se référer à un des faits marquants de notre mémoire à nous. Suivant l’interlocuteur, l’endroit où il habite, son âge et ses activités, on lui parlera de la scierie qui a Continuer la lecture#40jours #35 | La ruine