A propos de Monika Espinasse

Originaire de Vienne en Autriche. Vit en Lozère. A réalisé des traductions. Aime la poésie, les nouvelles, les romans, même les romans policiers. Ecrit depuis longtemps dans le cadre des Ateliers du déluge. Est devenue accro aux ateliers de François Bon. A publié quelques nouvelles et poèmes, un manuscrit attend dans un tiroir. Aime jouer avec les mots, leur musique et l'esprit singulier de la langue française. Depuis peu, une envie de peindre, en particulier la technique des pastels. Récits de voyages pour retenir le temps. A découvert les potentiels du net depuis peu et essaie d’approfondir au fur et à mesure.

Et en bas coule la rivière

Je décide de m’arrêter sur la place du village. Envie d’une pause, d’un café. Le bar est ouvert. Bondé. A l’ouverture de la porte, la chaleur me gifle, me renverse. J’avance vers le zinc, un grand café, s.v.p., allongé. Le barman me regarde sans sourire, mais ses yeux sont partout, accueillants, attentifs. Il finit d’essuyer le verre, lâche le torchon, Continuer la lectureEt en bas coule la rivière

Heldenplatz

La place des héros. Les gens arrivent petit à petit, s’amassent autour de l’estrade édifiée au milieu de cet espace du centre-ville. A l’orée, le grand palais baroque qui borne en courbe cette place monumentale. Escaliers, colonnes, coupoles. Témoins du passé déjà lointain. Ce soir, la place est fermée, barrée, interdite aux voitures. Ce soir, la foule se souviendra d’une Continuer la lectureHeldenplatz

La fête à la myrtille

Une montagne au bout du monde. Une montagne couverte de landes, de forêts, de sources et de rochers. Dans ce désert, quelques maisons en granit, un hameau de 40 habitants perdu au milieu de ce paysage. C’est l’été, le soleil chauffe, pèse, plombe les champs alentours. Des reflets argentés, nouveaux, étranges, des toits de voitures, rassemblés, alignés, parqués dans un Continuer la lectureLa fête à la myrtille

Toutes celles…et toutes les autres

Celle qui a quitté son pays suivant le mari, traversé une frontière pour vivre ailleurs, pour une meilleure vie, cinq enfants en vingt ans et le travail dans l’épicerie familiale, celle qui s’est échinée toute sa vie, petite et menue et forte quand-même. Celle qui cuisinait les patates à la poêle mieux que personne, celle qui savait coudre des gants Continuer la lectureToutes celles…et toutes les autres

Ecrit par le temps

Deux ronds, deux traits, un cercle pour tenir ensemble, je la dessine et elle me regarde. J’ajoute une courbe, elle me sourit. Une goutte, une larme, et elle pleure. Deux traits pour fermer les yeux, et elle dort. Et je la regarde et je lui souris Puis je prends le plus beau pinceau, le plus fin, pour ajouter des ombres, Continuer la lectureEcrit par le temps

Signes

La porte claque derrière elle qui avance déjà dans la rue. Regard en arrière. Comme toujours. Réflexe, inscrit en elle depuis la petite enfance. Regard vers le haut, premier étage, vers la petite fenêtre latérale du bow-window, cette saillie sur la rue lieu stratégique pour voir observer surveiller les passages entrées sorties de la maison. Elle devine la silhouette derrière Continuer la lectureSignes

Vivre de A à Z

A Ailleurs. Où qu’elle soit, c’est Ailleurs qui l’attire. Partir, puis revenir. Retrouver, reprendre, revoir, revivre, recréer. Redevenir. Et puis rechanger, repartir. Prendre la porte, la porte ouverte sur le vaste monde. Dedans, dehors. Rentrer, sortir. Elle ne reste pas en place B Elle a toujours aimé bouger. Marcher dans les rues, courir après les trams, arpenter les chemins, monter Continuer la lectureVivre de A à Z

Ascension

IL ELLE JE corps fusion des possibles dans un seul corps qui monte qui souffre qui attaque la dune la pente le sable, traîne transpire et rêve. Ce corps lourd courbes trop généreuses esprit volontaire élan obstiné pour réussir ce pari insensé cette montée aux cimes dans une chaleur torride sous un soleil de plomb pesant doublement sur ce corps Continuer la lectureAscension

Immersion

Odeur d’iode et de sel. Une mer couleur émeraude, transparente, la plage de sable grano di riso d’un blanc pur…… Le ciel est bleu, la mer est encore tiède, je m’élance, plonge, fends les vagues, respire. J’en ai besoin. J’ai si rarement la mer à mes pieds. L’eau me calme, me dilue. Je flotte comme une feuille, comme l’écume, mes Continuer la lectureImmersion

Encore un retour

Debout devant la fenêtre elle regarde la rue la rue toute droite qui s’arrête d’un coup s’étrangle est fermée par une grosse tour en béton un bunker elle l’a toujours vu là gris massif il fait partie du paysage ne signifie plus rien elle n’y pense même pas il ferme juste la rue la rue pas longue pas grande pas Continuer la lectureEncore un retour