- Fierté de l’homme, en toute circonstance de la perspective du futur.
- Prévenir le matin pour déposer quelque chose l’après-midi. Presser sur “express” au moment de faire la machine pour que cela soit plus économique ou écologique.
- En ce moment, je suis pris dans un double mouvement. Le premier est un de focalisation où je découvre mon propre regard sur mon environnement actuel qui est un monde générique de supermarchés, de services en lignes anonymes, de missions intérims aux relations brutales, de reconnaissances indifférentes – bref par esquisses des liens d’échanges d’informations, matériels, symboliques se font et lie l’armature ensemble. Le second est un mouvement de ressac où je découvre avec une certaine colère et tristesse le peu de saveur de mon écriture, les aspects mythiques que je n’ai pas le temps de creuser autre qu’en passant par mon entreprise. Puisque cette vie locale est proche de la vie nue sans lien spécifique à l’avenir, baignant dans un présent intense entre épuisement et repos. “La vie intellectuelle est ailleurs, voilà tout.” résume Judith Schlanger à propos d’une autre situation dans son livre Archontes.
- Basiques, interchangeables, solides, résistants aux accrocs, aux tirages, les tee-shirts à manche courte “Fruit of the Loom” se lavent et vieillissent biens. La qualité est parfois un peu faible sous les aisselles. Donc il s’agit d’avoir un bon exemplaire. Il doit être propre. Un propre tous les jours. Dans quelques heures, il sera taché de morves, de crachat, de glaire, de savon, urine, selles, de plats mixés et parfois de sang. Mais il aurait pu bien être empoussiéré, enterré et ensablé. Commandés sur Amazon par lot de neuf, je les jetais en boule dans un sachet de courses avec mes bottes et mon pantalon Dickies ou Carharrt, devenu rigide par la poussière. Tout était couvert d’une pellicule de sable et de calcaire que l’on trouve dans les alentours de Reims. Ces terres sont collantes ou sablonneuses et infiltrant tous les plis et orifices du corps et marquant les épaules et le dos comme le fait la craie grasse lorsque l’on tombe contre elle, s’y frotte, s’y démène pour en sort ou l’excaver. Entre deux tee-shirts, une douche douloureuse se faisait sentir la fatigue du corps dans les jambes, le dos et les biceps et cette eau qui n’en finissait pas de tirer du sable et ce savon de Marseille qui ne finissait pas d’assécher la peau. Puis vient le moment de se changer, mettre les habits « au sale » et s’effondrer sur le lit et attendre que les douleurs et la migraine prennent sa juste place, et que dans un mouvement de mémoire, les souvenirs et interactions de la journée soient mis en sens, relues, reviennent, se mélangent et s’oublient. Dans quelques heures, une marche en ville, le long de la rue Gambetta vers le Centre ville puis sur la gauche vers la Veste… Suivre un peu l’eau, traverser le pont, descendre le long du canal et se faire dépasser par des joggeurs, des cyclistes et des rameurs, passé devant les livreurs et paumés sur les bancs publics… Creuser, se laver, sortir marcher, puis entrer dans cette collocation aux murs blancs à l’ameublement en copeaux de bois géré à distance par un propriétaire de 25 ans. Un anonymat dur comme soleil d’été, un présent indifférent et oubliable où ainsi chaque jour n’a que pour reliefs les illusions nécessaire de l’espoir en journée et les affres des futurs antérieurs le soir.
Archives des auteurs : Nicolas
#chroniques #04 | la fille d’au moins un psy
Tenir, tenir l’attention face à la promesse d’un silence – tenir, sans vaciller, le bon bout, même du bout des ongles. Tenir les mains supines avec une vitalité en pointillée, espacée, de bouts. Tenir à la surface du développement face à l’indifférence, à la sidération et horizons sans visages de la peur, aux révoltes d’un corps qu’on déchaîne et déshabille Continuer la lecture#chroniques #04 | la fille d’au moins un psy
#chroniques #03 | Répandre, compresser et en finir
ceux qui foutent la merde ceux qui foutent le boxon les faire flipper ceux là là il sort c’est joliment dit ouais ben elle n’est pas à faire elle tous les trois, je veux dire tout les quatre tu es là aussi Écoute son monde, écoute l’immonde de l’autre, nous, dans l’écoute commune, du non-soi en soi, dans l’attente de Continuer la lecture#chroniques #03 | Répandre, compresser et en finir
#chroniques #02 | Comment avancer
5 | Je suis d’équipe de matin ce samedi. Je rencontre pour la première fois une collègue transférée pour remplacer au pied levé une absence. Je me rappelle d’une discussion quelques semaines plus tôt où j’avais appris qu’elle était connue pour sa plastique hors du commun et son franc-parler. A son arrivée, récente, elle avait eu quelques embrouilles avec des Continuer la lecture#chroniques #02 | Comment avancer
#chroniques #01 | Fitness, sommeil et reproduction
1 | A FIT WORLD un monde qui presse tend rase s’hydrate regarde silence signe hochete rassure écoute des absents. Déf.° de fitness (sens 2, Merriam-Webster) : la capacité d’un organisme à survivre et transmettre son génotype a une descendance reproductrice comparée aux organismes rivaux. 3/ LE SOMMEIL DE L’AUTRE La hanche l’arrière du bras le galbe du triceps le Continuer la lecture#chroniques #01 | Fitness, sommeil et reproduction
#chroniques #00 | quiétistes
5/ soumission d’une piste d’écriture “Soixante-dix ans plus tard [après la fin de la Seconde Guerre Mondiale et la défense de l’écrivain engagée par Sartre], tout dans la réaction qui se dessine nous incite au repli.” Ronan de Calan, La Littérature Pure, p.211, 2017, ed. Cerf. Certaines configurations ouvrent à l’écriture un horizon de possibilités politiques. Certains auteurs en font Continuer la lecture#chroniques #00 | quiétistes
#rectoverso #14 | Cénaclières, archives lacunaires de soi-même
Partie 1 Période : Exploration Figures majeures : Steve Sanders, Tori Spelling, Owen Wilson, Audrey Hepburn, le fils de l’ancien Ministre de l’Information d’un pays africain, la jeune femme, une jeune homme qui va croire aux Illuminatis, un adulté gâté, un héroïnomane, Canibus. Epicentres géographiques : Strasbourg, Birmingham, Miami. Bibliographique : Plato, La République; Carl Jung, Ma vie: Souvenirs, rêves Continuer la lecture#rectoverso #14 | Cénaclières, archives lacunaires de soi-même
#rectoverso #13 | Kaspar bredouille, Villon voix & Laure Gauthier
Prem obs servation si pas observation sensation Qu’est-ce que je vois hmm? Fou -gères butte fossé nuit eau Pieds tarmac Bouts des semelles dans l’herbe mouillée qui les mouillent gouttes des perles sans consistance, trait, forcer, creuser, plonger selon travail et difficulté vide, y-a du vide, seul loin de… personne… dans cette maison juchée en creux de montagne, joli montagne Continuer la lecture#rectoverso #13 | Kaspar bredouille, Villon voix & Laure Gauthier
#rectoverso #12 | patchwork textuel
strate 2 « Je vais maintenant faire une déclaration. Je ne sais pas si elle entre dans la catégorie des déclarations des autres. Mais qu’elle entre dans la leur ou non, elle entre évidemment dans une certaine catégorie. Donc, à cet égard, ce n’est pas différent de leurs déclarations. Cependant, laissez-moi essayer de formuler la mienne. Il y a un commencement. Continuer la lecture#rectoverso #12 | patchwork textuel
#rectoverso #11 | Shonagon, amplifications, extensions
Recto Fixe Indifférence. L’indifférence à l’autre. Le mépris avant l’indifférence? Le narcissicisme (qu’on suppose) derrière le mépris s’affichant comme indifférence à l’autre. La chosification du narcissicisme, générateur derrière le mépris, s’affichant comme indifférence à l’autre. La vulnérabilité que cause l’attention concentrée de Narcisse, derrière, loin, l’indifférence à l’autre – est-ce du mépris? La bétise de la fragilité entretenue par une Continuer la lecture#rectoverso #11 | Shonagon, amplifications, extensions