A propos de Perle Vallens

Au cœur d’une Provence d’adoption, Perle Vallens écrit et photographie. Ecrire c’est explorer l’intime et le monde, porter sa voix pour toucher. Publie récits, nouvelles et poésie en revues littéraires, ouvrages collectifs et personnels (lauréate du Prix de la Nouvelle Erotique 2021, toucher à la hache au au diable vauvert). Derniers livres : peggy m. aux éditions la place et Solo aux éditions Tarmac. Touche à tout, pratique encore le caviardage, le cut up (image et/ou son), met en voix (sur soundcloud Perle Vallens ou podcasts poétiques), crée des vidéo-poèmes et montages photo-vidéo (chaîne youtube Perle Vallens). Master de création littéraire écopoétique en 2026 avec le texte de création Les Insignifiantes, également le nom d'une exposition plastique et photographique qui circule depuis fin 2024.

#écopoétique #07 | et global et local*

ni surfaces asphyxiées ni sols lessivésni appauvrissement ni essoufflementni pesticides ni compactageni carottes calibrées ni délestage de fioulni quad ni épandage sauvageni fraises hors sol ni culture intensiveni résidus déviants ni empoisonnementni forêts défrichées ni arrachage de haiesni artificialisation d’espaces ni disparition d’espècesni refuges piétinés ni mégots jetésni arbres fallacieusement abattus d’un coup de hache dans la tête ni traces Continuer la lecture#écopoétique #07 | et global et local*

#écopoétique #06 | gros grain

Grisaille empierrée au-dessus des têtes grondeuse menace d’effondrement Son grain grossi percé à force d’enflerbaudruche d’un coup explosé son plomb lézardé en trombesciel de limon sous la peautombé à nos pieds avec la pluiegouttes pleines amples tremblantes Mouille-moi jusqu’aux premières cellules celles de ma naissance  L’eau se déverse plus drue, droite, donne du bâton, cingle le visage brouillé de gris, trouble regard du grand tremblement Continuer la lecture#écopoétique #06 | gros grain

#écopoétique #04 | Gorges du Toulourenc

A vue d’œil, il n’y avait qu’une chaussure par ci, un vieux tee-shirt par là, un peu comme tant de cours d’eau, autres gorges, autres voies terrestres ou aqueuses, et toujours les mêmes objets abandonnés, toujours les mêmes détritus. Lacets, sacs ou bouteilles plastiques, canettes de soda et de bière. Sans compter les déchets invisibles, excréments humains et canins, produits Continuer la lecture#écopoétique #04 | Gorges du Toulourenc

#écopoétique #03 | sauvage

Ici, pas de gazon net, ras, désherbé, rasé de frais. Pas d’allée de gravillon pavillonnaire. Pas de contour bétonné, de parpaings, de paysage empierré. Non, jardin est prairie voire friche, ses mèches rebelles du paysage, indompté. Est espace sauvage, prairie de mauvaises herbes, liserons, rumex et oxalis, pissenlits et prêles, plantain et trèfle…Les laisser monter haut, à graines, les laisser Continuer la lecture#écopoétique #03 | sauvage

#écopoétique #02 | Plein champ

Ils ont été abandonnés, rebus de plein champ, les vieux bidons rouillés, d’usages anonymes, incertains, de toutes tailles, éparpillés. Les enfants shootent dedans, escaladent, montent dessus, tentent de les percer, de les plier, de les réduire encore, jusqu’à compression, aux pieds. Et encore barres de fer, clous tordus, boulons et vis à ramasser, tiges arrachées à on ne sait quel Continuer la lecture#écopoétique #02 | Plein champ

#écopoétique #01 | le son des plantes

La patience et le silence. La croissance des herbes, leur extension dans l’espace vaste des prairies, la variation sensible graine-pantule-jeune plant dans le temps. Quelques semaines d’évolution qui ne se voient pas à instantanément l’œil nu, ni ne s’entend, du moins à l’échelle humaine. Indétectable. On a beau tendre l’oreille, rien. La vie végétative ne fait aucun bruit, à première Continuer la lecture#écopoétique #01 | le son des plantes

#anthologie #40 | rat de bibliothèque

L’auteur ? Une femme. La narratrice. Elle écrit je et ça nous dit assez le caractère autobiographique. Matière à confidence, pas journal mais témoignage de vie. Il faut lire pour connaître l’âge, un embryon de généalogie. Il faut lire pour découvrir l’envers du décor, la piste rouge d’athlétisme, la coureuse, la passion, le désarroi, la douleur et tout ce grain Continuer la lecture#anthologie #40 | rat de bibliothèque

#anthologie #39 | fétichisme

Les images guident, parfois mal, mais guident quand même. Les vieilles photographies prises par les parents, la famille. Les numéros des dossards, 5, 23, 17, 9 et quoi d’autre quand la mémoire fait défaut. Les couleurs de tee-shirt, ce rouge là tellement porté qu’il est devenu presque rose, les bleus parfaitement identiques, en quadruple exemplaires parce que tu comprends, si Continuer la lecture#anthologie #39 | fétichisme

#anthologie #38 | Svetlana

Je me rappelle très bien de cette journée de 1996, c’était l’été, on avait fait une sieste parce qu’on allait se coucher tard. On regardait les Jeux Olympiques à la télévision. Je n’avais pas compris tout de suite qu’il s’agissait de sport, ces jeux. On avait regardé des courses qui avaient lieu à des milliers de kilomètres d’ici. Il y Continuer la lecture#anthologie #38 | Svetlana

#anthologie #37 | je vis venir la fin

Je ne sais pas trop comment cela avait dégénéré entre nous. Sans doute quelque chose d’imperceptible, ces petites imperfections qu’on décele soudain. Tout commença par le visage. Un jour que je la regardai, je vis dans l’espace anguleux de son visage une sévérité, une gravité qui me fit peur, dans laquelle je lisais l’inévitable jugement, ce menton pointu s’avançant était Continuer la lecture#anthologie #37 | je vis venir la fin