A propos de Solange Vissac

Entre campagne et ville, entre deux livres où se perdre, entre des textes qui s'écrivent et des photos qui se capturent... toujours un peu cachée... me dévoilant un peu sur mon blog jardin d'ombres.

#anthologie #prologue | J’ai appris

Je n’ai pas choisi, mais je me suis mise au monde. J’ai appris à respirer. J’ai appris à regarder. J’ai appris à écouter. J’ai appris à parler. J’ai appris à goûter. J’ai appris à toucher. Apprendre et tenter de comprendre comment exister, comment vivre. Je n’ai pas choisi, mais il fallait se nourrir. Mastiquer ce qui entrait dans la bouche. Continuer la lecture#anthologie #prologue | J’ai appris

#versuneécopoétique #02 | Égarement

Dès que le soleil commence à réchauffer les murs des villages alentour, il n’est pas difficile de constater la multiplication, quel que soit le nom qu’ils empruntent, de marchés aux puces, brocantes ou vide-greniers. Un étal de deux ou trois mètres sur des tréteaux, une table de camping chancelante, l’arrière d’une voiture avec le hayon levé, une couverture ou une Continuer la lecture#versuneécopoétique #02 | Égarement

#versuneécopoétique #01 | échos du silence

Le ciel: un gouffre. La terre: un désert. Dans l’entre-deux, dans cette brèche où tenir droit, pris dans l’immensité, retenir son souffle. On n’a pas l’étoffe pour cette immensité. De cette gravité, rien ne dépasse. Une herbe rase où quelques cheveux d’anges, comme un tremblement de tendresses entre les pierres sèches, arabesques pensées qui s’effilent, ondulent dans un froissement d’air Continuer la lecture#versuneécopoétique #01 | échos du silence

# Nouvelles # boucle 2| l’homme trop grand

Entre ciel et terre, là où se dessine, à force de repli, un morceau de paysage en ruine, elle cherche un lieu où se tenir, une assise où capturer l’horizon. Plus haut un hameau perché sous la crête, plus bas les méandres de la vallée où tout se perd. Là, le lointain et le proche où tout fait relief, mais Continuer la lecture# Nouvelles # boucle 2| l’homme trop grand

#nouvelles | Solange Vissac

Table des matières1 de l’art de ranger ses livres2 histoire de mes librairies 3 inventaire de choses perdues4 le livre dans sa matérialité5 Cortázar, quatre stations pour un livre 1 de l’art de ranger ses livres Dormir toutes les nuits de son enfance, la tête calée contre un montant de la bibliothèque paternelle laisse des traces. L’espace enclos de la Continuer la lecture#nouvelles | Solange Vissac

#gestes&usages #01 | en dépit du bon sens

À cause de la couleur incertaine du lichen, cette substance chevelue d’un gris pâle, gris de cendres froides, qui s’échevelait sur les branches basses des pins dans cette forêt d’enfance, j’imaginais des histoires de fées, ou plus exactement de sorcières ou d’êtres maléfiques surgissant du fin fond des bois, ou s’élevant sans bruit — telle une vapeur entortillée s’extrayant de Continuer la lecture#gestes&usages #01 | en dépit du bon sens

#enfances #05 | Tesselles

Des tesselles du passé dénicher une collection de grains de vie sur une carte d’intensités, le tout recousu de fils dorés. Oscillation du petit tamis, en mouvements vifs et horizontaux, pour séparer les gros grains des petits, puis les doigts sur ce front de sable doux, et plus tard le nommer geste d’ange. Vers l’amont, vers l’aval de la rivière Continuer la lecture#enfances #05 | Tesselles

#enfances #04 | confiance

Tenir l’enfant dans les bras. Avec tout l’abandon que lui donne une forte fièvre venue dont ne sait où. Sa fragilité ainsi offerte. Ne pas pouvoir poser l’enfant nulle part. Respirer son souffle. Le guetter avec angoisse. Espérer un mieux.. Toucher le front à intervalles réguliers. Sursauter à chaque quinte de toux épuisante. Vouloir soulager. Être inefficace. Sentir l’enfant rechercher Continuer la lecture#enfances #04 | confiance

#enfances #02 | sur la pointe des pieds

Il faudrait une écriture verticale pour tenter de dire l’immobilité devant. Puis le balancement du corps. Les grimaces aussi, la pitance du miroir. La sollicitation venue dont ne sait où à ouvrir ses entrailles comme celles d’un poisson. Et le corps étiré reposant sur des pointes de pied, tendues comme la main à l’approche de la clé. Au bout des Continuer la lecture#enfances #02 | sur la pointe des pieds