autobiographies #11 | 4 filatures

La fine cordelière de velours sombre -gris ou bronze ou safran- nichée dans les cheveux, entoure l’ovale du visage qu’elle structure et redouble. Comme une douce discrétion à hauteur d’yeux amoindrissant le fort impact des pupilles. Toujours, un châle laineux posé négligemment sur les épaules en toute saison. Comme une peluche qu’il faudrait trimballer partout.

Joues rosées comme celles d’une poupée de porcelaine. Joues poudrées. Pommettes accentuées. Juste une petite boîte ronde de plastique noir au couvercle bombé. Après ouverture, enflé comme un soufflet, le fard à joues miracle se découvre. Selon le sac et les chaussures, quelquefois la large ceinture, la poudre sera nuancée plutôt rosé ou orangé voire rouge grenade. Marque Bourgois. C’est la meilleure. Pas d’eau du robinet malheureuse ! Ça ride la peau en un rien de temps.

Un lavabo tout blanc et au dessus, un miroir. Dans le miroir aspergé d’effluves d’eau de Cologne, un sourire adressé à son image. Tricot de coton blanc et bas de pyjama. A la main, le flacon bouteille d’eau de Cologne ouvert pour un homme pressé voulant sentir bon la vie. Tout le corps parfumé et même les chaussures. Dans et hors la maison, irriguer la vie.

Pour la petite fille, une énorme chose pas belle : dans l’armoire, étagère du milieu, le corset couleur chair roulé sur lui-même. Un monstre. Armature rigide. Cordons s’échappant de la carapace. Lorsqu’ ajusté sur le corps, le tailleur tombe bien. Se regarder dans la glace peut encore être un plaisir. La taille affinée, se parer d’un collier sorti du petit tiroir marqueté. Du rouge à lèvres. C’est tout.

A propos de Louise George

Diverses professions et celles liées au "livre" comme constantes.

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