#40 Jours #16 | Dérive immobile

Écrire dans les marges des livres que nous lisons comme nous déambulons (à la recherche d’un ouvrage ou d’une place assise pour lire ou travailler ou rêver), dans les marges des bibliothèques. L’écriture c’est un temps qui nous fuit, que nous n’avons de cesse de tenter de rattraper, au ralenti. Écrire pour arrêter le temps. Savoir ou fixer son regard. Continuer la lecture#40 Jours #16 | Dérive immobile

#40 jours #14 | papiers des soupirs

Elle est assise à la table de la cuisine. Elle soupire : les passeports, bien sûr, les billets de bateau – cargo porte-conteneur transatlantique – il faut remplir les cases, noms et prénoms, ne pas oublier le deuxième nom, bien écrire en majuscules mais avec accents, et ce n’est pas tout, il y a le problème Dahlia ; elle, lui, l’enfant, ça Continuer la lecture#40 jours #14 | papiers des soupirs

#40 Jours #16 | dans les bleus

il faudra que je recherche – c’est quelque part ça ne fait aucun doute – une demande ou une réponse un dossier motivation on dit, quelque chose de ce vocabulaire – qu’est-ce que tu cherches qu’est-ce que tu veux – une résidence d’écriture un texte poétique oui, je me souviens au moins du titre – sans y croire une seconde Continuer la lecture#40 Jours #16 | dans les bleus

#40jours #06 | qui dirigent

cartes qui dirigent, cartes qui civilisent, organisent, rangent, limitent, pas de cartes chez les rêveurs d’Australie, mais des dessins à l’ocre sur les peaux, les rochers, et des pistes qui chantent, les cartes c’est nous, peuples à repères, à signes bavards, à double sens, avec notre monde parlant à l’infini de notre monde en dessous, nos premières cartes sur des Continuer la lecture#40jours #06 | qui dirigent

#40jours #05 | son heure

Ses savates se collent, décollent du lino beige, annoncent un silence d’horloge, lumière de sieste à travers les stores à demi fermés, odeur de chaleur, odeur d’été, reste de poisson dans le frigo frôlé parfois en clapotis doux par les lanières du rideau dans le courant d’air fin, courant d’air calculé au millimètre qui agite à peine le ruban rose Continuer la lecture#40jours #05 | son heure

#40jours #03 | Camille Claudel, un centre

Abritant les anciens avec leurs noms d’arbres, les fous avec leurs noms de fous, les structures spécialisées sont aussi des centres avec un grand C : CMP, CMPP, CREHAB, CH, CHU… Camille Claudel avec deux grand C est un nom de centre avec un grand C, centre de jour surtout, 20 rue Gaudichaud par exemple, non loin du centre commercial Continuer la lecture#40jours #03 | Camille Claudel, un centre

#40jours #16 | Calepins et bouts de papier

Tu auras rapidement fait le tour de la question, tu as très peu écrit en dehors de chez toi. Fin des années 1990 début 2000, quelques nouvelles, chez toi. Années 2000 à 2015, poésie, souvent chez toi parfois dans les transports en commun essentiellement des idées jetées sur des carnets ou sur des bouts de papier. A partir de 2019 Continuer la lecture#40jours #16 | Calepins et bouts de papier

#40jours #14 | douane et custom

Pour monter dans le ferry, les questions n’ont que très peu porté sur les papiers. Ouvrir l’arrière, regarder partout, soulever les caisses, ouvrir les tiroirs, éclairer sous les sièges. Fouiller. Sans un mot. De l’autre côté de la Manche, je ne savais pas à quoi m’attendre alors tout était prêt. L’ancienne poche à eau avec son tuyau coupé et soudé Continuer la lecture#40jours #14 | douane et custom

#40 jours #14 bis | viscères

je ne suis pas tranquille (les guillemets, c’est une ponctuation ou quoi ? comme les parenthèses ? par exemple tranquille est-ce que ça s’écrit avec deux l puis un e quand c’est un garçon qui parle ? qui parle ? ) et d’ailleurs je ne vois pas qui pourrait l’être dans ma situation – tranquille je veux dire – il faudrait Continuer la lecture#40 jours #14 bis | viscères