#techniques #03 | un peu à l’étourdie

Derrière les silences, son corps, les silences et les hautes herbes, les mousses rases. La Masse allongée, est ronde et rose. Elle n’est pas uniforme. Au long des versants escarpés, sur la chair élastique, je trottine. Elle gît parmi les hautes herbes, sous la lumière, dans la trouée, les excroissances rosées, rattachées au troncs, exposées aux rayons du soleil, déposées Continuer la lecture#techniques #03 | un peu à l’étourdie

#techniques #02 | forêt d’ocre

Déjà les nuages éparpillés au ciel, cotonneux, flottant, semblant en suspension, immobiles aplats fous sur le ciel impeccablement bleu. En deçà, les roches rondes, bosselées, doucement érodées, teintées dans la masse de jaune, de rouge, de grenat et de mauve, s’enflent et se défilent. Dans le loin, elles se hissent, émergent en surplomb des résineux. Elles accrochent des mousses et Continuer la lecture#techniques #02 | forêt d’ocre

#techniques #03 | corps emmurement

Derrière les silences, son corps emmuré. Il n’y a pas de corps plus neutre, plus parfaitement transparent, plus au fait du vide que son corps de femme enfermée dans la maison. Son corps s’est délabré. Il l’a trahie. Le miroir de la salle de bain en est le seul témoin. Au bord du lavabo, son dentier trempe dans un bol. Continuer la lecture#techniques #03 | corps emmurement

#techniques #03 | 1 – riens notes

Les choses sont ainsi. Les gelures, les crevasses, l’odeur ; c’est au retour dans ta nuit et ta peau emporte les remugles du jour. Tu peux cacher tes mains. Mais l’odeur. Les choses sont ainsi. Le corps emporte, il porte. Puis il pourrit ou brûle, selon. Elle bouge ses bras en place de jambes, elle dit : mon corps est ma prison. Continuer la lecture#techniques #03 | 1 – riens notes

#revisite #08 | Le bol

J’ai été cet enfant qui regardait ce bol encrassé de tartre sur le bord de l’évier de la salle de bain. Ma mère m’y lavait en morceaux. Nous dormions tous les deux dans la chambre attenante et chaque nuit je rêvais que mes dents tombaient une à une dans le bol. Pas grandi en sachant que selon le centre national Continuer la lecture#revisite #08 | Le bol

#techniques #02 | Les sirènes d’ailleurs

Le noir des cheminées au loin, noyé dans le gris de la mer et du ciel. Tout étalé par des doigts géants et enfantins, les teintes se mélangent, traînées avec négligence les unes sur les autres. Les yeux tâtent, les yeux devinent les contours dissous de la côte qui remuent, des tuyères hoquettent leur vapeurs envoûtantes et vaguement mortifères. Les Continuer la lecture#techniques #02 | Les sirènes d’ailleurs

#technique #01(bis) | rien

Je ne peins pas l’arbre je peins le sentiment de l’arbre ( l’arbre de Matisse). L’arbre de Mondrian. De Durer. L’arbre de Kahlo. De Penone. L’arbre de Wyeth. Le sentiment de la lumière dans le cerisier peint. …et s’écarquiller pour voir entendre : mais rien ; se tromper sciemment, gagner une seconde sur…; la matité cireuse, le creux sous la paupière, la lèvre en dedans ; Continuer la lecture#technique #01(bis) | rien

#techniques #02 (2) | Silencio

Couloir. Portes. Plateaux. Les couloirs comme des rues : les portes énorme bayant sur la vastitude des studios. L’escadre en bleu de chauffe : sept heures. Camions, charriots, tours. Matin chargé de visses, de clous, de pigments, de plâtre. Châssis qu’on roule pour assemblage : une feuille à l’endroit une chambre à l’envers, ou l’inverse. Fenêtre avec rideaux de brocart Continuer la lecture#techniques #02 (2) | Silencio

#atelier|paysage, image phrase|Nuit

Le béton anthracite des buildings. La lumière partout, les bandeaux publicitaires aux néons bariolés déroulant la verticale et allongeant l’horizontale, les vitrines, phares aveuglants, inondant le trottoir, les couleurs criardes, tantôt clignotantes souvent paralysantes, crues et impudiques, si omniprésentes que la nuit oublie d’en afficher ses étoiles, renie l’espoir d’une aube, s’éternise. Le boulevard est insomniaque. La foule sans fin couche Continuer la lecture#atelier|paysage, image phrase|Nuit