autobiographies #9 I ça roule

Ça roule C’était qui déjà, ce philosophe grec qui vivait dans son tonneau ? C’est la première idée qui me vient à l’esprit quand la voiture se déporte dans un virage, quitte la route et se met à rouler sur elle-même dans le ravin. « Dans le ravin », c’est toujours ce qu’on dit dans ces cas-là. Mais j’ai l’impression que ce n’est Continuer la lectureautobiographies #9 I ça roule

autobiographies #04 | carnet retrouvé

Le carnet d’adresse lui est remis par … Le carnet moleskine noir, la couverture est souple, le papier ivoire. Au milieu des documents numériques, qu’il laisse, je retrouve le seul document papier. Les mots sont à peine écrits, au crayon de papier, ils s’effaceront, le carnet ne possède pas de double numérique, il exprime déjà sa propre disparition, chaque ligne Continuer la lectureautobiographies #04 | carnet retrouvé

Ceux qu’on ne mange pas

Le parfum qui s’insinue. On tourne la tête on cherche du regard on capte enfin la petite guérite aux marrons. Dételée de la grosse voiture, entourée de guirlandes électriques, traversée de passages. Sur la place ça fourmille ça circule ça grouille. Dans la poêle dans la cuisine nue ça chauffe ça brûle ça éclate. C’est noir c’est brûlé c’est brûlant Continuer la lectureCeux qu’on ne mange pas

La poule et la coquille

C’est un bruit littéralement innommable. La langue française n’a aucun mot pour le signifier. Elle porte de nouveau une coquille de nacre à sa bouche, les lèvres en cul de poule, elle aspire. La matière flasque disparait en une seconde, aspirée par un cul de poule. Un cul de poule aspirant. C’est un bruit littéralement innommable. Puis dans un même Continuer la lectureLa poule et la coquille

Sentier

Sous le pont. L’herbe cesse, c’est la terre nue. Détrempée en hiver, toujours humide l’été. L’été la fraicheur de l’ombre, l’hiver l’humidité pénétrante. L’eau verte, qui roule doucement. Sauf après les jours et les nuits de pluie, dont elle revient bourbeuse et chargée. Le chemin, l’ancien chemin de halage, sûrement. Aujourd’hui seulement les promeneurs, les joggeurs, les chiens. L’hiver rien. Continuer la lectureSentier

En prenant le train, je pense d’abord à cette ville, et à ce qui m’attends dedans. J’arrive avec mes bagages, la buée aux fenêtres, le sol en marbre chauffé par l’appartement d’en dessous, la terre sèche des tomates cerises en pot, la clarté de ma chambre… Voilà ce que j’apporte. Pas fini.

Le trésor

L’immense clé du portillon. Grande comme pour ouvrir un coffre fort. Inutile puisqu’on a toujours préféré grimper sur les lames de bois gris pour passer par dessus. La ruelle bossue et rugueuse sous nos pieds nus. Il faut résister à la douleur jusqu’à la grande rue. Résister à l’appel du béton lisse et clément du caniveau. Le premier arrivé à Continuer la lectureLe trésor