#anthologie #08 | dans la maison sur la plage

Au matin du second jour dans la maison sur la plage, assise sur les tomettes de ma chambre devant la porte-fenêtre ouverte, mon menton planté sur mes genoux enserrés par mes bras, je regardais l’ourlet vert pâle caressant la bande lumineuse de sable gris clair parsemé de fragments de branchettes, de cailloux, de coquilles, puis,  rejetant légèrement en arrière mon Continuer la lecture#anthologie #08 | dans la maison sur la plage

#anthologie #08 | l’instant précis où j’ouvre la porte

La poignée ressemble à ces porte-manteaux en métal qu’on accroche au mur. Je me suis toujours demandé à quoi pouvait servir un porte-manteau fixé à hauteur de nombril. Un enfant devait dormir ici. Je suis allongé sur mon lit, le dos calé sur deux oreillers, je lis le Journal de Kafka et je vois ce porte-manteau que je n’avais jamais Continuer la lecture#anthologie #08 | l’instant précis où j’ouvre la porte

#anthologie #08 I derrière le papier

Il a un certain plaisir à éplucher les murs de cette chambre qui sera la sienne. Le papier peint est consentant. C’est un vieux papier plastifié aux couleurs conquérantes des années 70, une dominante orange, de larges dessins géométriques qui débordaient et envahissaient tout l’espace. Il n’en reste plus que sur un mur. Le dernier à déshabiller. Z. décolle un Continuer la lecture#anthologie #08 I derrière le papier

#anthologie #08 | chambres sur chambres

Elle le suit dans le couloir alors que l’enfant drapé pousse ses pas vers l’avant. Le sol grince en flottant. Bois humide et papier peint jauni. Elle aperçoit la fin du couloir au loin par dessus la tête de M au galop. Quelque chose a lieu là-bas. Les portes à droite se répètent en dissimulant des rumeurs. Tout est vif. Continuer la lecture#anthologie #08 | chambres sur chambres

#anthologie #08 l Les montagnes d’Anatolie

Je porte une chambre en moi. La 303 du Grand Almira Hôtel. Un large escalier en colimaçon y mène. Je monte à pas feutrés sur des tapis d’orient rouge qu’une des employés nettoie pliée en deux chaque matin avec un balai en paille de riz sans manche. La porte de bois sombre est haute. La poignée en laiton résiste et Continuer la lecture#anthologie #08 l Les montagnes d’Anatolie

#anthologie #08 | C’est mou

C’est mou. Même les livres qui sont devant sont mous. Ils coulent. La poignée derrière est visqueuse, reste collée même de loin. Tout est fait pour dissuader. Tu n’iras pas. Est-ce que je dois y aller ou attendre que quelqu’un vienne. Toc toc toc. Silence. Le mou se fige en attendant mon signal. J’attends qu’on me dise si cette porte Continuer la lecture#anthologie #08 | C’est mou

#anthologie #08 | la chambre

c’est bizarre, me dis-je ; il semblait que la porte avait glissé de quelques centimètres sur sa droite et qu’elle s’était soulevée – oh, mais de presque rien. Quelqu’un qui n’aurait jamais dormi là ne l’aurait sûrement pas remarqué. J’aurais pu aller chercher un mètre  pour vérifier seulement mes pieds avait rétréci et j’avais peur en me levant de perdre l’équilibre. Il Continuer la lecture#anthologie #08 | la chambre

#anthologie #08 | Les portes

Il y a de rares moments dans la vie où on réalise mal qu’on peut choisir sans pour autant contrôler quoi que ce soit. C’est ce qu’on pourrait appeler un paradoxe tant qu’on ne se retrouve pas au cœur d’une de ces situations. Car au milieu même, au moment même, tout s’éclaire sans mots, ou au-delà des mots. Fermée. Tu Continuer la lecture#anthologie #08 | Les portes

#anthologie #08 | comme un jour de pluie

La pièce où venaient d’entrer les deux personnages était une petite chambre avec son lit au milieu et une table de chevet. Le lit était défait, une couette recouverte d’une housse à motifs  bleus retombait sur le sol comme un peintre aurait installé un drapé dans une scène de nature morte. Contre le mur, il y avait un tableau, un paysage Continuer la lecture#anthologie #08 | comme un jour de pluie

#anthologie #08 | face à la porte

Elle dort face à la porte. Elle dort les pieds tournés vers la porte. Pour dormir, il faut qu’elle voit la porte. Elle la regarde longtemps avant de trouver le sommeil. Elle s’éveille souvent brusquement, se relève dans le lit, s’adosse au mur, ramène ses genoux sur la poitrine et regarde la porte. Tant qu’elle est éveillée, elle la fixe. Continuer la lecture#anthologie #08 | face à la porte