# anthologie # 22 | Gradoli

Qui* va raconter les rues Gradoli, Montenevoso (c’est à Milan), Forte Trionfale, Montalcini  ? Peut-être s’abstenir de la Forte Trionfale (c’est là, au troisième étage, dans un appartement assez semblable à la base prison du peuple, qu’Eléonora attend, s’active, tente de croire encore aux miracles – à poursuivre) (ce matin-là, c’est la dernière fois que lui et son escorte l’emprunteront Continuer la lecture# anthologie # 22 | Gradoli

#anthologie #22 | La ronde de jour

I / Le chemin de ronde Il n’avait pas encore de nom, on disait, « le p’tit chemin » ; chez les bourgeois férus d’histoire, c’était le « chemin de ronde ». Il faisait le tour du village, comme sur un rempart, ou plutôt au pied d’un rempart, transition entre le domaine habité et la campagne aux trois « étages », prés et champs au rez-de-chaussée, quelques Continuer la lecture#anthologie #22 | La ronde de jour

#anthologie #22 | au-delà du Tibre

Pendant l’hiver 1991, je prenais souvent la rue de la Lungara pour aller chez K. Il habitait alors sur les flancs du mont Janicule à Rome. Je me souviens surtout de la traversée du pont Garibaldi qui enjambait de Tibre et me portait de l’autre côté, au-delà du Tibre, au Trastevere. Comme j’apprenais l’italien , saisir l’étymologie de ce toponyme Continuer la lecture#anthologie #22 | au-delà du Tibre

#anthologie #22 | rue du Limas

Avril 2006 Je suis arrivée pour la seconde fois | mais la première j’étais quasi comateuse et partagée entre mon intérêt pour ma soeur et pour des lieux où je peinais à m’imaginer pendant une vie future | avec la jeune femme de l’agence immobilière pour la remise des clés et l’état des lieux ; j’ai abordé le petit tronçon Continuer la lecture#anthologie #22 | rue du Limas

#anthologie #23 | point de fusion

Un petit point de fusion — mots qui ensemble résonnent et se propagent comme une onde de choc dans mon cerveau. Un petit endroit où la matière se mettrait à changer d’état, à ramollir jusqu’à fondre, à dégager de la chaleur et de la lumière, des possibles en découleraient dans le réel, on pourrait raccorder des pièces brisées, réparer des objets, Continuer la lecture#anthologie #23 | point de fusion

#anthologie #23 | L’immeuble-paquebot

La porte est bleue et lourde. Il faut s’y prendre à deux mains pour l’ouvrir, basculer le corps vers l’arrière, peser de tout son poids en s’accrochant à la poignée-tube-métallique. La grille de protection se déplie, se replie, s’enclenche, l’ascenseur démarre. Ne pas toucher le mur qui défile, trop dangereux. L’ascenseur navigue sur douze étages, il ronronne, rassure les habitants, Continuer la lecture#anthologie #23 | L’immeuble-paquebot

#anthologie #20 l lucane

Je n’ai que cinq photos de vous, trouvées dans une brocante et achetées pour rien. Vous étiez toutes les cinq sur le même stand, vous quatre dans une boîte à chaussures, et toi, parce que tu es plus grande, posée sur une pile d’almanachs. C’est toi que j’ai vu en premier, et tout de suite je suis allée vers toi, Continuer la lecture#anthologie #20 l lucane

#anthologie#23 | dans l’infini

D’abord il y a la peau, épaisse. Épiderme imperméable, tacheté, usé, abîmé, doux, flétri, derme coloré qui va décider, c’est une peau contact, d’amour et de batailles, une peau rappel, une peau convenue et contenant, un corps dedans, une peau messagère, une peau embarquée. Tatouée. Cicatrisée. Imberbe. Poilue. Bronzée. Brûlée. Avec des pores. Sous la peau c’est une machine bruyante. Continuer la lecture#anthologie#23 | dans l’infini

#anthologie #23 | gorgone (2)

Gorgone ouvrit de beaux yeux bleus mstranslucides, et sa chevelure serpentine  vs’apaisa et devint lisse et douce couleur de miel.  – Tu es en sécurité , lui dis-je. Tu me peux parler je ne te ferai aucun mal. Je l’aidais à se redresser, au fur et à mesure qu’elle s’asséchait, sa voix devenait de plus en plus audible. – Je suis Continuer la lecture#anthologie #23 | gorgone (2)

#anthologie #11 | du monastère jusqu’à la nuit

du monastère jusqu’à la nuit je devais presser le pas, longer le chemin forestier Il m’a semblé qu’en suivant la corniche verte en tunnel, la forêt tombant sur la route à gauche retenue par les cercles barbelés j’aurai tout de même le temps Au dernier tournant pourtant, avant un seuil comme une porte sur un feston doré de feuilles, j’ai Continuer la lecture#anthologie #11 | du monastère jusqu’à la nuit