#anthologie #13 | arrêt de bus exactement

un couple de lycéens s’embrasse | une nuée de pigeons atterrit devant la boulangerie et se rue sur les miettes de pain qu’une jeune fille au tablier vient de libérer en renversant de grands sacs en papier qu’on peut imaginer avoir transporté quelques baguettes de pain | l’éclat du soleil sur le pare-brise du bus aveugle le cycliste qui doit fermer les Continuer la lecture#anthologie #13 | arrêt de bus exactement

#anthologie #12 | Voyages, voyages

De Göteborg, tout d’abord, je n’ai rien vu, rien qu’un quai de gare peu éclairé, une silhouette familière qui restait seule, derrière les gros heurtoirs en béton. Je crois que j’étais déjà amoureux de la langue dont j’ignorais presque tout, mais les annonces diffusées au dessus de ma tête chantaient en marquant fortement les finales, des mots, des phrases. Un Continuer la lecture#anthologie #12 | Voyages, voyages

#anthologie #13 | Thésée et le bus.

A force, on remarque les petites variations de la monotonie routinière.  Ça occupe. L’habitacle dans les tons de bleu vire parfois au vert, surtout à l’endroit de l’assise, moquette limée par les fesses anonymes. Ligne-bateau-de-Thésée. Toujours le même nom depuis des années, mais les exécutants se sont modernisés, certains sont vernis, ils ont le droit à la boite auto. Mais pas Continuer la lecture#anthologie #13 | Thésée et le bus.

#anthologie #12 | Une mer, trois villes

La première fait éclater sur la méditerranée ses surplombs orientaux, c’est Syracuse la tant aimée, aucune trace dans la mémoire, hormis son nom résonnant tranquille dans l’enclos de ses murailles, Syracuse la fantastique, dressée contre un horizon lointain de batailles et de guerres, un mythe inachevé, Syracuse. La deuxième surprend, on peine à se frayer un chemin parmi les rues Continuer la lecture#anthologie #12 | Une mer, trois villes

#anthologie #09 | Voie de garage

Le meilleur chemin que j’ai pris, c’est celui de la littérature et s’il est à déplier dans la fractale d’un instant, c’est celui-là que je choisis, mais c’est un chemin abstrait, il faut faire preuve d’imagination, il n’y a pas de route et je marche seule, C’est une voie, comme on dit, et si elle est dans le sens opposé Continuer la lecture#anthologie #09 | Voie de garage

#anthologie #13 | Sans prétention

Bar tabac Santa Guilia sans prétention, plutôt populaire,  on y joue à l’intérieur aux courses, on y achète son tabac, on donne des grilles de loto au patron qui les enregistre, on boit un verre ou un café. Emplacement stratégique, sur l’avenue des C., en face du boulevard Cassini qui monte et de la rue Lacepède qui part en oblique Continuer la lecture#anthologie #13 | Sans prétention

#anthologie #07 | Déficit d’inhibition

Le soir tout se passe comme si mon audition était décuplée, les sens en alerte l’invasion commence. J’entends les craquements à ma droite qui viennent de l’escalier et j’entends le crissement des petites bêtes dans l’obscurité. J’entends le vent qui agite les feuilles du tilleul dans le jardin et j’entends les éclats de voix au loin, les rideaux qu’on tire. Continuer la lecture#anthologie #07 | Déficit d’inhibition

#anthologie #06 | Rarement seule

Rarement seule, mais seule cette fois-ci, je chasse la présence fantôme des autres dans les lieux. Rarement seule, mais seule pour une fois, j’étire le temps hors du cadre imposé d’un rythme quotidien. Rarement seule, mais seule vraiment, j’oublie le vide des pièces autour, j’oublie les bruits. Rarement seule, mais seule finalement bien souvent quand le repli sur les textes, Continuer la lecture#anthologie #06 | Rarement seule

#anthologie #13 | Les manettes

Salle treize. Autour des manettes, tout le monde est penché. Il y a bien sûr, les habitués. La femme à la barrette avec son imper bleu et son visage fermé, toujours. L’homme brun aux cheveux bouclés qui achète les tableaux, qui a une boutique aux puces de St Ouen, comme beaucoup d’acheteurs de Drouot. J’ai entendu son nom puisque tout Continuer la lecture#anthologie #13 | Les manettes

#anthologie #08 | Et lui, en artiste

Dans l’ancien lycée qu’on appelait la base, sa pièce à lui était au fond du couloir, à droite.  Une pièce, en théorie un bureau, pas officiellement une chambre, mais le canapé servait bien plus souvent de lit, duvet étalé, que de canapé, duvet poussé en boule dans un coin. Une chaise pour table de nuit, la même chaise que devant la Continuer la lecture#anthologie #08 | Et lui, en artiste