#anthologie #03 | poubelle

La poubelle n’avait rien dit. Elle était pleine, simplement pleine, posée sur le sol de la cuisine. Elle m’encombrait. Jusque là elle ne m’avait rien fait. Je n’aurais pas eu l’idée de jeter le sac poubelle avant ce moment-là. Il y avait eu pourtant un tournant décisif où le sac poubelle était devenu poubelle à jeter. Je me voyais jeter Continuer la lecture#anthologie #03 | poubelle

#anthologie#03- La banane

C’est mou et léger. Je peux m’asseoir dessus sans l’abîmer, et ça c’est terriblement pratique. Je crois même que ça fait tout le succès de la banane. C’est mieux qu’un sac à main un peu rigide, de cuir et de boucles, qu’on a peur de faire traîner par terre et de salir. La banane, on ne l’enlève pas. Elle est Continuer la lecture#anthologie#03- La banane

#anthologie #03 | Un poids, une mémoire

Je me le suis pris dans la figure. C’était énorme, tellement, du genre pressoir, vous voyez, pressoir à olives. Le pressoir que le torrent dépose sur le rocher où Ali s’est réfugié, dans L’Art de perdre, d’Alice Zeniter. Un exemple. Ce n’est pas une abstraction, un pressoir. Ça pèse son poids. C’est ce qu’on vous balance un jour, quand vous Continuer la lecture#anthologie #03 | Un poids, une mémoire

#anthologie #03 | les plumes

Les plumes Systématiquement. Systématiquement ? Non pas. Quand je vois une plume au sol, je ne peux pas m’empêcher d’au moins y penser. Parce qu’une plume n’a rien à faire au sol. La vue d’une plume au sol me heurte systématiquement, vrai. Mais je ne la ramasse pas systématiquement. Parce que j’ai peur d’être vue en train de ramasser la plume. Continuer la lecture#anthologie #03 | les plumes

#anthologie #prologue | fuir la nuit

J’ai hésité. J’ai reculé. J’ai crû. J’ai résisté. J’ai bougé. Je me suis recroquevillée dans l’obscurité. J’ai continué à grandir. J’ai voulu m’agripper. J’ai bu la vibration. J’ai refusé les sons. J’ai grossi. J’ai goûté l’acidité de la peur. Je me suis déployée dans mes pieds. J’ai tenté de remonter la colonne. J’ai refusé de sortir. J’ai essayé de revenir. Continuer la lecture#anthologie #prologue | fuir la nuit

#anthologie #03 | Dissolution

Le parti lepéniste se place en première position dans 32 519 communes (sur 34 971), 96 départements (sur 101) et 17 régions (sur 18). Le parpaing, il est là devant moi. Dès que je l’ai vu, je me suis dit, je vais le soulever, je vais le prendre dans mes bras, je vais le garder avec moi. Je vais le décrire, je Continuer la lecture#anthologie #03 | Dissolution

#anthologie #02  | Akerman plus Perec – La vacherie

Dans la pénombre la porte gros bois et poutres sa poignée en métal oxydé à clapet  en 2736X3648 entr’ouverte sur le jardin au chêne dans l’azur flanqué d’un chat noir, la vache passe sa tête à deux cornes, les yeux en amandes et à niveau oreilles à poils museau et naseaux roses elle semble vouloir frapper en avançant le poitrail et sa patte droite Continuer la lecture#anthologie #02  | Akerman plus Perec – La vacherie

#anthologie #03 | la pierre rouge

La pierre rouge est rouge. Oui mais, de quel rouge ? La pierre rouge est rouge-sang-de-boeuf-séché. Je n’ai jamais vu de sang de boeuf séché, ou ça n’a pas retenu mon attention. Rien noté. La dénomination m’évoque un effet de cuisson. La pierre rouge a été cuite, cuite autrefois. Quand j’écris sang de boeuf, je vois des carcasses, la cage Continuer la lecture#anthologie #03 | la pierre rouge

#anthologie #02 | Couloir.

Le couloir est long. Le couloir est empli de vitrines. Le couloir luit sous un plafond de néons. Le couloir est musical. Le couloir est la frontière entre les deux côtés. Le couloir est l’entrée de toutes les portes. Le couloir ne vend rien, ne propose rien. Le couloir et ses quelques banquettes dans lesquelles, on peut se vautrer en Continuer la lecture#anthologie #02 | Couloir.

#anthologie #02 | Daphné de dos*

Le couloir est incontournable. Tout vient à lui et il mène à tout. Dans le sens des aiguilles d’une montre, il dessert toutes les pièces et commodités de l’appartement : le placard de l’entrée,  la cuisine, le salon, la salle de bain et la chambre. Il relie aussi l’appartement au monde du dehors puisque la porte d’entrée s’ouvre sur le couloir. La Continuer la lecture#anthologie #02 | Daphné de dos*