#anthologie #03 | l’homme

L’homme était par terre, un corps long sale. Dès que je l’ai vu, dès que j’ai vu cet homme je me suis dit je vais le relever et je vais le prendre dans mes bras. Le prendre. L’emmener et le garder avec moi. Contre, je me disais. Le regardant cet homme je le pensais. Un homme je pensais en moi Continuer la lecture#anthologie #03 | l’homme

#anthologie #02 | Pourquoi ouvrir la fenêtre alors qu’il ne faut pas.

Il serait chez quelqu’un qu’il aimerait aimer. Le matelas nu, baigné dans la lumière de mai. Le sommier, à vif lui aussi, n’appartiendrait plus à personne. Pas plus que la penderie réduite à son squelette. Des sacs poubelles de gros volumes à force de tout engloutir, enfoncés dans le plancher, tenus à distance des murs et des plinthes, comme tous Continuer la lecture#anthologie #02 | Pourquoi ouvrir la fenêtre alors qu’il ne faut pas.

#anthologie #02 | Bleu nuit

En boiseries cirées sur tout un mur, des placards comme dans un bateau, et au bout sur le petit côté de la chambre, à la fenêtre, un rideau de toile de marine, sur l’autre mur un bureau encastré, un lit bateau, une table de chevet avec une lampe, des lunettes d’enfant à grosses montures, on a laissé la porte ouverte. Continuer la lecture#anthologie #02 | Bleu nuit

#anthologie #02 | 360°

L’observateur recherchant une description exhaustive de la pièce se placerait au centre et ferait un tour complet sur lui même. Ayant tracé les diagonales virtuelles du parquet rectangle, il se planterait au point d’intersection, regarderait à l’horizontale, balaierait verticalement chaque composant dont le lecteur trouvera ci-dessous la description. Arbitrairement, celle-ci commence par la porte d’entrée de la chambre considérée comme Continuer la lecture#anthologie #02 | 360°

#anthologie #02 | Ce n’est pas possible.

Il est au milieu du pont c’est chez lui il est au milieu d’une flaque d’eau il pleut il semble marmonner et au-dessus du sourcil gauche le sang coule il a une tête on dirait d’étranger mais pas tant que ça il est un peu recroquevillé sur lui-même c’est la nuit une nuit brillante mais ciel noir à sa droite Continuer la lecture#anthologie #02 | Ce n’est pas possible.

#anthologies #02 | un seul tour avec personnage

Le personnage serait comme en deux dimensions, lui sans mouvement ou le prolongement du mur sans aucune distinction c’est pareil, si ce n’est le décoché de la fenêtre et après des livres en différents tas entreposés ; une tasse où un jour il y aurait eu du thé mais le thé en serait parti et il ne resterait qu’une fine pellicule Continuer la lecture#anthologies #02 | un seul tour avec personnage

#anthologie #03 | comme – amour

comme la superposition des images comme tu serais comme en silence presque comme une première fois comme quand le temps comme le cuivre le parfum aveugle dans la chevelure comme le matin désert comme l’attente le long de la haie dans le lotissement comme les pas rapides étouffés comme le masque pour dissimuler le visage comme la porte entrouverte comme Continuer la lecture#anthologie #03 | comme – amour

#anthologie #01 | à l’infini

garer la voiture dans l’allée sous les arbres libérant leur substance sur le toit le capot les portières, faisant des taches à n’effacer qu’à l’occasion d’un passage à la laverie automatique, rarement ; marcher jusqu’au portail après le bouquet de fleurs mauves dont j’ai oublié le nom, si je l’ai su un jour ; monter les marches, deux étages et tourner à Continuer la lecture#anthologie #01 | à l’infini

#anthologie #02 | Drôle d’endroit pour une fin de vie

Pas besoin de caméra pour faire le tour de cette piaule. Les places sont assignées, tant aux visiteurs qu’à la « résidente » aujourd’hui disparue. Six mois de compagnonnage, sans doute plus, en période covid, la tête a archivé pour ne plus pleurer. On aura fini par aimer cette chambre dont l’accès a été interdit pendant de longs mois. On y a Continuer la lecture#anthologie #02 | Drôle d’endroit pour une fin de vie