vers un écrire-film #05 | ce qui sait le mieux, parler du soleil, ce sont les groseilles

/ Je veux me souvenir de Rose, encore embrumée de sommeil, entrant dans sa cuisine. Cette pièce qui, pour elle, est le centre de la maison, son cœur. C’est un petit matin d’été. La lumière éclate et pare de rose les cimes du Pelvoux au fond de la vallée. Elle vibre dans la haie de groseilliers et leurs baies deviennent Continuer la lecturevers un écrire-film #05 | ce qui sait le mieux, parler du soleil, ce sont les groseilles

vers un écrire/film #05 | instant brûlant

Je veux saisir Richarme là, à cet instant précis où elle grimpe l’escalier qui conduit à son atelier. Une fois les affaires quotidiennes expédiées, elle peut penser à la peinture et elle se hisse en se tenant au bois de la rampe. Son corps est lourd, âgé déjà. Nous sommes en été 1980 en Languedoc. Elle monte lentement comme si Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | instant brûlant

vers un écrire/film #05 | frappez avant d’entrer.

Je veux saisir cet instant où Giacometti pousse lentement la porte de son atelier de son atelier étroit, dénudé, sobre et presque sale, de son atelier du 46 bis de la rue Hippolyte-Maindron dans le XIVème arrondissement de Paris, cet atelier aux murs fatigués et gris sur lesquels sont encore au crayon, dessinées, des traces de lui, je veux saisir Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | frappez avant d’entrer.

vers un écrire/film #05 | rouge

saisir quelque chose de sa pensée là, quand il ferme la porte du coffre – c’est une quatre L et elle est rouge – comme le sang, probablement comme la révolution bolchévique comme la teinte de leur étoile – ce qu’il pense, là, en allant ouvrir la porte avant gauche, est-ce au trajet ? ou attend-il la manœuvre ? À la façon Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | rouge

vers un écrire/film #5 | je te vois

Je te vois ombre grise sur le sol, figure découpée sur le seuil de ta disparition, tu entres et n’entres pas,  te pâlis et restes sur le pas, le pas de la porte, esquissant une trace qui durera toutes nos vies à nous qui t’avons côtoyé, convoyé quelque peu trop peu ensemble, tu es là et tu n’y es pas, Continuer la lecturevers un écrire/film #5 | je te vois

vers un écrire/film #05 | tôt le matin

Je suspends l’instant. Juste Je le surprends là loin de sa terre natale dans le foin du jour qui se lève, dans la bruine du petit matin, à l’orée du chemin bleu. Il tient dans sa main un petit instrument de musique, un harmonica. Brillant comme une lame. Dans un geste circulaire d’une lenteur infinie, son bras le présente au Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | tôt le matin

vers un écrire/film #05 | les grottes n’ont pas de porte (et le chantier déborde)

soudain je veux saisir la domestique de Monet à cet instant précis où elle observe les gestes du peintre par la porte entrouverte de l’atelier, je veux saisir ce qui la saisit à cet instant précis où ses pieds évitent de faire craquer le parquet, où le pinceau mélange les couleurs onctueuses, où un rayon de soleil caresse la pièce, Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | les grottes n’ont pas de porte (et le chantier déborde)

vers un écrire film #5 | partir, finir

Je veux imaginer cet instant, cet instant quand elle prend sa décision de partir. Je n’ai jamais cru au coup de tête ; à la petite goutte d’eau qui fait déborder l’envie de fuir. Pourquoi ce jour et pas la veille ? Rien de particulier à ce moment-là depuis l’extérieur de sa vie à elle. Rien d’autre que de son habituel. Et Continuer la lecturevers un écrire film #5 | partir, finir

vers écrire/film #05 | je pousse la porte et

Je pousse la porte et je rentre, je pose sur la table le sac des courses faites en sortant du métro, je me lave les mains, l’alarme du téléphone sonne, il est 21h, je dois prendre un médicament, je l’avale avec un verre d’eau, je sors les courgettes, le kiri, je prépare une soupe, j’allume le four pour réchauffer un Continuer la lecturevers écrire/film #05 | je pousse la porte et

vers un écrire/film #05 | l’instant plein de bruit et de fureur

Je veux saisir Caddy dans l’encadrement de la porte à l’instant où son frère Quentin la regardant bascule dans la folie. Je veux saisir l’instant où cette image découpée dans un fragment de réalité absorbe toute la représentation du monde, l’instant d’une vignette arrachée au flux de la temporalité. Une minute elle est restée sur le pas de la porte Continuer la lecturevers un écrire/film #05 | l’instant plein de bruit et de fureur