#enfances #00 | Labyrinthe artificiel

La petite lève la tête vers des panneaux pleins de chiffres et les photos de hamburgers. La grande regarde les jouets du moment dans la vitrine, plastique moulé couleur feutre – ceux avec les bulles blanches autour, qui salissent les doigts d’un marron délavé, à force ; « Deux menus enfants et deux menus adultes s’il-vous plait » demande le papa au Continuer la lecture#enfances #00 | Labyrinthe artificiel

#enfances #00 | La main

Elle va dans un grand magasin avec Maman. Elle tient fermement sa main car il y a beaucoup de monde. Elle regarde autour d’elle, à hauteur de ses yeux, elle voit les manteaux des autres gens, c’est l’hiver. En bas des manteaux, elle voit les chaussures. Maman a mis ses jolies chaussures noires qui brillent et font du bruit et Continuer la lecture#enfances #00 | La main

#enfances #00 | Sur le divan

un coeur bat très fort un centre irradie la terre a un coeur interne le noyau des kilomètres et des kilomètres de profondeur au centre de la terre et un coeur externe le soleil sur cette immense plage où tout se confond où il est impossible de repérer le parasol où le moindre signe le moindre élément le lieu la Continuer la lecture#enfances #00 | Sur le divan

#enfances #00 | Immobile, perdu.

Au croisement des allées, assis sur une souche, odeur douceâtre, décomposition, humus. Attendre le retour du père parti avec le chien, depuis combien de temps ? Forêt encore feuillue, a changé de couleur, dense, impénétrable hors des chemins ; la lumière se déplace, comme jouant, tremblante, dansante, dévoile, dissimule, tours, détours, tourbillons du vent, automne. Ne pas pleurer, impératif. Les raisons s’alignent Continuer la lecture#enfances #00 | Immobile, perdu.

#enfances #00 | Le Centre commercial

Grandir, c’est naze. Parcourir le chemin aride de la vie, et nous avançons, nous nous asséchons, et dans ce chemin, il y a des gens indifférents. L’enfant, qui ne sait pas faire, qui ne saura jamais vraiment faire, peine à avancer seul. Il ne peut rien y changer, il est seul, condamné à le rester. Abandonné de tous. Perdu. Le Continuer la lecture#enfances #00 | Le Centre commercial

#enfances #00 | pas si grande

Non, pas tout à fait noire la nuit. Non, pas de raison d’avoir peur. Une nuit nourrie d’une vague luminosité qui déforme, agrandit les végétaux, les murs ou piquets de jardin, qui effleure le sol irrégulièrement, qui y creuse des trous noirs là où il n’y en avait pas. Une nuit de lumière sombre qui brouille les formes et le Continuer la lecture#enfances #00 | pas si grande

#enfances #00 | Tant qu’on a pas mal aux pieds

Ce texte est une ramification de : 40jours-10-exelmans-si-vous-le-dites C’est Malice qui vient à l’école. C’est mieux quand c’est Malice. Le goûter dans un sac maison, bien à l’abri. Et l’aventure. On descend dans la bouche noire. Trou de lapin. Terrés dans le terrier. Des kilomètres et des kilomètres de tunnel. On se perd, mais on est pas perdu tant que Continuer la lecture#enfances #00 | Tant qu’on a pas mal aux pieds

#enfances #00 | perdue quand même

J’arrive, fière, dans le hall de mon immeuble.il y a devant moi toute une rangée de boites aux lettres dont je ne sais pas encore lire les noms de leurs propriétaires.Et aussi ma mère, qui me croit perdue. Elle regarde machinalement des enveloppes. Une larme coule sur sa joue. Elle ne m’a pas encore aperçue.Du haut de mes cinq ans, Continuer la lecture#enfances #00 | perdue quand même

#enfance #00 | maquis

Le jardin, puis le champs d’amandiers, puis le maquis. C’était donc ça le maquis, une forêt miniature et parfumée. Sera plus maline que le petit Pagnol, restera au bord, de sorte à ne pas perdre le jardin de vue.  Quand elle fut entrée dans le maquis elle découvrit de merveilleux arbustes, avec des clochettes blanches et des fruits flamboyants. Le merveilleux Continuer la lecture#enfance #00 | maquis

#enfances #00 | La Cause

Vous attendez que les parents soient partis pour sortir le cyclomoteur interdit, du garage, cachés des voisins; le Cady grenat à pousser dans la pente, l’un qui pilote, l’autre à cheval sur le porte-bagage métal, les poches de la blouse d’école pleine des pointes de cent. Puis vous filez par le sentier du bois des Rocs, à tout va parmi Continuer la lecture#enfances #00 | La Cause