#L1 – S’engouffrer

Yel se tient debout dans le couloir de l’entrée. Balaie d’un regard la scène comme pour en saisir le plus rapidement possible un grand nombre de paramètres. L’ameublement, les ambulations, les postures. La tonalité des conversations. Les corps qui se cherchent et ceux qui s’évitent. Les groupes qui, en des endroits et à des rythmes bien précis, se font et Continuer la lecture#L1 – S’engouffrer

#L2 | Tous ces baisers qu’on s’est volés plus que donnés

Leur première rencontre a eu lieu dans un café du bord de mer. Ils occultent souvent ce moment là. L’un l’autre avaient l’impression de ne pas être vraiment présents, que rien n’avait encore commencé entre eux. L’oubli n’est pas forcément volontaire. D’autres instants, regards, pensées, effleurements, d’autres émotions se sont imprimés dessus, recouvrant cette approche initiale jusqu’à l’oblitérer. La jeter Continuer la lecture#L2 | Tous ces baisers qu’on s’est volés plus que donnés

#L2|L’homme nu.

L’homme est nu, ne sent plus rien entre lui et la dureté du monde. Ni chaleur, ni fourrure, ni terrier, ni tanière. Les battements de son cœur éprouvent douloureusement les parois de son corps. Sa solitude trouve un écho vertigineux dans cette toundra qui s’étire à l’infini. Ici, rien n’arrête l’œil et cela le rend aveugle. Sous ses pieds, sous Continuer la lecture#L2|L’homme nu.

L#2| Perceptions brouillées

La place est déserte, à peine éclairée par les rayons de lune balayés par les nuages. Il attend. Il ne connaît rien de l’endroit. Ces pas résonnent sur les pavés disjoints. Minuit sonne. Les fenêtres qui donnent sur la place sont toutes éteintes, les commerces et même le café fermés. Pas tant qu’il s’attende à trouver autre chose dans un Continuer la lectureL#2| Perceptions brouillées

la fabrique | Dominique Estampes Paillard, un début d’interrogation (Perec)

Et si on montait un atelier avec « la page » d’Espèces d’espaces de Georges Perec? « Une amorce de réflexion sur ces lieux perecquiens, ces fragments d’écriture infinis où se déplie la vie dans un mouvement circulaire qui dévoile un quotidien banal, répétitif. C’est dans cet espace-là l’ordinaire de la vie, que chacun de nous exprime son rapport au monde » (La Page, recueil Continuer la lecturela fabrique | Dominique Estampes Paillard, un début d’interrogation (Perec)

L#1| Le dormeur d’Uval

La place est déserte, à peine éclairée par les rayons de lune balayés par les nuages. Il attend. Il ne connaît rien de l’endroit. Ces pas résonnent sur les pavés disjoints. Minuit sonne. Les fenêtres qui donnent sur la place sont toutes éteintes, les commerces et même le café fermés. Pas tant qu’il s’attende à trouver autre chose dans un Continuer la lectureL#1| Le dormeur d’Uval

(remplace Quoi Qui) Il marche à petits pas, tous petits pas pressés dans la ville irisée grise. Regarde-le marcher. Il parait ne rien voir, ne rien entendre de ce qui l’entoure. Tout s’agite autour de lui. La ville bourgeonne en permanence, continûment. Sur les trottoirs, par paquets colorés, une foule. Quelques trottinettes et même dans certaines rues, des vélos à Continuer la lecture

Le nom des rivières

Warum bin ich ich und warum nicht du?Warum bin ich hier und warum nicht dort?Wann begann die Zeit und wo endet der Raum? (Peter Handke in Les ailes du désir de Wim Wenders) Tout est énigme.  Le temps stagne, cesse ses boucles, ferme sa bouche. On n’y perd son latin et le sens de l’orientation, le peu qu’on a de Continuer la lectureLe nom des rivières

De l’eau sur de l’eau

D’eau, d’eau l’enfant d’eau. De l’eau sur de l’eau. Se baigner quand il pleut. Se baigner alors qu’il pleure. C’est du ton sur ton. C’est assaisonner une salade d’orange avec du citron. C’est surtout les gouttes de pluie qui trouble son reflet de l’eau sale et salée. C’est sentir la bulle amniotique une fois encore et se lover dans les Continuer la lectureDe l’eau sur de l’eau