Venicefair-2

alors  sans doute extraire des sols limoneux glissants tourbeux ceux d’une ville dans la ville enfouie semble-t-il l’ éloge d’une soupçonnée soit des bribes de Metamauco ou Deir Ezzor aussi bien leurs identités singulières  côtoyant les marais comme le vent  le feu les failles camps sismiques en dessous remuant l’idée des plaques les sables divagants changeants charriant entre autres nombre Continuer la lectureVenicefair-2

Ce qu’il y a autour d’elle et qu’elle ignore

Dans la chambre au-dessus d’elle, même configuration, même mobilier, un homme. Son PC est posé sur la table en formica. Il est assis devant son PC, face à la fenêtre. Il écrit. Il aurait pu tourner le dos à la fenêtre, mais il préfère lui faire face, même si son regard, à lui aussi, vient buter sur l’immeuble d’en face. Continuer la lectureCe qu’il y a autour d’elle et qu’elle ignore

Il était une ville

C’est une étrangère dans le pays où elle est née. Sa mère s’y est arrêtée quelques années, mais elles ne sont pas d’ici. Elle a un nom qui est d’ailleurs, une couleur de peau différente et d’autres nationalités, d’autres langues. La mère est trahie par les mots qui sortent de sa bouche, mais la fille, elle peut donner le change. Continuer la lectureIl était une ville

#L2 Laure

Au sixième étage d’un immeuble surplombant les quais en plein air de la Gare du Nord, Appartement 254, Laure B. se tenait assise sur le fauteuil du balcon, son quatrième café en main, et se laissait griser par le matin. Elle était fatiguée. La lumière jouait déjà depuis une petite heure avec les livres de la bibliothèque de l’appartement que Continuer la lecture#L2 Laure

#L2 Cochon pendu

Où allaient ces gens qui étaient dans le train tout à l’heure, le train dont les voies n’offrent pas de déviation possible, parcours programmé, aiguillages réglés, itinéraire fiable et sans surprise. Où allaient-ils ? La question l’a effleuré, sous le pont, alors que le souffle du TGV avait à peine eu le temps de le surprendre. Étaient-ils confortablement installés, tickets en Continuer la lecture#L2 Cochon pendu

la fabrique | Annabelle Léna, Dans le ventre de la baleine

Mes ateliers sont toujours basés sur un fait d’actualité. Ce jour-là, c’était l’histoire de cet homme avalé puis recraché par une baleine. Alors bien sûr nous parlons de Jonas resté prisonnier 3 jours et 3 nuits dans le ventre d’une baleine, bien sûr nous parlons de Pinocchio avalé par une baleine alors qu’il était en recherche de son père. Puis Continuer la lecturela fabrique | Annabelle Léna, Dans le ventre de la baleine

#L2 Je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité

Extraits de procès verbaux d’audition dans le cadre de l’enquête concernant les faits relatés ici: Témoin numéro 1: Sexe masculin. 27 ans. 190 cm. 89 kg. Type caucasien. Cheveux clairs. Yeux clairs. Description au moment des faits: « vouté sur son bureau le visage dissimulé d’une frange de cheveux »[…]– Laissez moi partir, je vous en prie! Je crois que je vais mourir. Continuer la lecture#L2 Je jure de dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité

Quelque part

Quitter le port au creux de l’eau bleue, longer les barques colorées, alignées comme sardines, avancer vers la navette au coin du café où boire un café, un café au lait, et maintenant rouler, monter dans les collines entre les arbres, les rosiers, grimper jusqu’à l’arrêt devant la grille dans les glycines. Derrière la grille, de larges dalles dessinent le Continuer la lectureQuelque part

#L2 | Tous ces baisers qu’on s’est volés plus que donnés

Leur première rencontre a eu lieu dans un café du bord de mer. Ils occultent souvent ce moment là. L’un l’autre avaient l’impression de ne pas être vraiment présents, que rien n’avait encore commencé entre eux. L’oubli n’est pas forcément volontaire. D’autres instants, regards, pensées, effleurements, d’autres émotions se sont imprimés dessus, recouvrant cette approche initiale jusqu’à l’oblitérer. La jeter Continuer la lecture#L2 | Tous ces baisers qu’on s’est volés plus que donnés

#L2|L’homme nu.

L’homme est nu, ne sent plus rien entre lui et la dureté du monde. Ni chaleur, ni fourrure, ni terrier, ni tanière. Les battements de son cœur éprouvent douloureusement les parois de son corps. Sa solitude trouve un écho vertigineux dans cette toundra qui s’étire à l’infini. Ici, rien n’arrête l’œil et cela le rend aveugle. Sous ses pieds, sous Continuer la lecture#L2|L’homme nu.