#P8 le pendu

Tu étais mort à cause de la mine. Pas plus de détails. Histoire de famille bien concave. Alors l’envie de creuser, pioches, pelles, pics, lampes à huile. Connaître ton corps d’aïeul, ce corps d’ailleurs, jamais connu, juste pendu. Salle des pendus, ironie du sort. Vestiaires de ta vie. Il ne reste qu’une immuable photo sur le meuble Mado. Jamais un Continuer la lecture#P8 le pendu

#P7 | Promenade intérieure

Le temps comme arrêté, il n’existe pas encore de mouvement, il est encore tôt. Le vent fait claquer les portes. Les feuilles s’agitent, prisonnières. Le sac en osier rempli de papiers journaux aux dates brouillées. Les courants d’air qui sifflent dans les oreilles. Il y a de la vaisselle qui se casse. Bourdon envahissant. Dans le cadre embrumé la promenade Continuer la lecture#P7 | Promenade intérieure

#P7 Orgasme céleste

Emménagement dans cet appartement sous les toits et immédiatement le choc, une fenêtre à double battant s’ouvre sur la capitale, offrant au regard ses toits en zinc et quelques uns de ses monuments les plus illustres. Et en ce soir d’hiver, le soleil joue les funambules sur les toits, le voilà qui s’approche du dôme de la Bourse du commerce, Continuer la lecture#P7 Orgasme céleste

#P4 C’est complet

Tu m’as laissée sortir comme ça, avec ma jupe trop courte, bottes aux mollets et les genoux qui dépassent, c’est complet. Manquerait plus que je tombe par terre et qu’on me ramasse à coup de Mercurochrome, comme quand j’étais gamine dans la rue Michelet, c’est complet. À mon âge, j’ai l’air de quoi. Pas de miroir à l’hôtel, faut dire, Continuer la lecture#P4 C’est complet

#P7 cinq cieux

Dans l’Yonne, comme partout sur terre, au-dessus des toits, le ciel. À Perrigny, mercredi 17h07, le ciel est chargé de nuages gris, on les dirait même sales. Quelques nuages sont légèrement plus blancs, il reste aussi de toutes petites portions de bleu, de ciel bleu. Au fait, est-ce que le bleu est la couleur initiale du ciel? D’où, la couleur Continuer la lecture#P7 cinq cieux

#P7 | En ouvrant la fenêtre

La lumière blanche des premières heures lui prête la dureté du métal, éblouit plus qu’émerveille. Il vient à peine de quitter la fraicheur de la nuit, les bancs de sable de la marée basse révèlent sa vérité trouble. A mesure que le soleil monte dans le ciel, un cercle d’étincelles laisse sur sa surface lisse les éclats d’un miroir brisé. Continuer la lecture#P7 | En ouvrant la fenêtre

#P7- L’arrêt d’autobus

L'arrêt d'autobus

La fenêtre de la chambre donne sur un croisement de rues. À gauche, la voie rapide qui entoure le village, les voitures filent dans les deux sens. À droite, il y a beaucoup moins de voitures qui s’engagent, c’est une route étroite qui monte jusqu’aux pieds d’un mont de roches blanches. Tout en haut, l’ermitage où l’on adore une vierge. Continuer la lecture#P7- L’arrêt d’autobus

#P7 – Vu du balcon

Une petite école primaire. La petite école primaire en face du balcon. La petite école primaire en face du balcon dans laquelle il y a un gymnase en préfabriqué. Toit grisâtre, murs blanchâtres, fenêtres pas en PVC, porte en bois mal fermée, clôture grillagée. Pas aux normes le gymnase, un peu d’amiante dans les coins ? Peut être pas quand Continuer la lecture#P7 – Vu du balcon

#P7 La picarde

Trois soeurs, unies comme les doigts de la main, s’étirent indolentes le long de la Manche, quelque part au nord ouest du pays. Ces trois soeurs, ou plutôt trois villages -Eu ; Mers-les Bains et Le Tréport, n’ont rien d’extraordinaire et ressemblent fort aux villes côtières du Nord de la France, ternes et bruineuses, par avarice de soleil, tranquilles et Continuer la lecture#P7 La picarde

#P7 | ipomée

Un rectangle d’un mètre sur deux. Le fond est blanc et vert, régulièrement parsemé de carrés plus ou moins sombres. En partie basse, une masse homogène en nuances de vert et, par-ci par-là, touches jaunes, oranges, bleu profond. Ce que l’œil voit. Le cerveau essaie de lui faire croire que ce n’est pas plat, qu’il y a 50 mètres entre Continuer la lecture#P7 | ipomée