#été2023 #02bis | Dehors, la grande partie de flipper

Le calme après la tempête, la grande partie de flipper. Route éventrée, trottoir désossé laissant passer des insectes balaises, ciel encombré de gros paquets de fils électriques qui demanderaient des heures de démêlage, ce qui n’empêche pas les raccordements les plus audacieux. Toujours à esquiver les petites motos japonaises rafistolées, décorées, surchargées de colis, poulets dont les têtes dépassent dodelinantes Continuer la lecture#été2023 #02bis | Dehors, la grande partie de flipper

#été2023 #03 | le fil

Comme je l’ai dit, c’est à travers lui, Bertrand Ducrozet, vers lequel un ami m’avait orienté pour tout autre chose que j’ai découvert cette œuvre, ou du moins son existence. Oui, comme je l’ai dit c’est Daniel Formier qui avait parlé de lui lors de ce diner chez sa sœur chez qui il était de passage. Marie-Jeanne Delafosse, avec laquelle Continuer la lecture#été2023 #03 | le fil

#été2023 #03 | les autres

ça me fait penser à justement ce fait : j’en ai déjà parlé ailleurs peut-être, mais à présent les choses se bousculent se brouillent et ça se complique un peu, je ne sais plusalors comment ça va coco ?couci couça disais-je et toi ?Elle fumait, parlait de tout et de rien, balançait sa babouche (elle en ramenait de ses voyages quand elle y Continuer la lecture#été2023 #03 | les autres

#été2023 #03 | Clémentine

Comme je le disais, elle se cachait. Elle observait les souris, les gerbilles, attendait de pouvoir poser les pattes dessus, d’y entrer les griffes, que ça saigne. Voyait voler les papillons, les libellules, ramper les araignées. Sautait dessus. S’amusait un peu avec. Avalait la bête tout rond. On l’appelait, en vain. Clémentine… Clémentine… Elle les ignorait. Ne prêtait pas attention Continuer la lecture#été2023 #03 | Clémentine

#été2023 #03 | Comme je l’ai dit

Le directeur a la ponctualité dans le sang, c’est son seul défaut. Aussitôt qu’il ouvre la porte et me voit sur le seuil, bien à l’heure, il me félicite pour mon effort, m’introduit immédiatement dans son bureau, qui me fait plutôt penser à une cabane, un refuge au fond des bois, plongé dans la pénombre, à peine illuminé par une Continuer la lecture#été2023 #03 | Comme je l’ai dit

#été2023 #01 | De vieilles histoires

Écrire est-ce d’abord laisser les choses aller ? On s’assoit au bureau pour convoiter silencieusement la forme épurée du texte qu’on voudrait ébaucher, chercher comment atteindre la simplicité, l’évidence. Comment enlever aux mots tout ce qu’ils permettent le plus souvent d’éviter ? Ce qu’une histoire à peine entrevue peut livrer de matière, ce que de vieilles photographies un peu fanées disent des Continuer la lecture#été2023 #01 | De vieilles histoires

#été2023 #01 | Rupture

Il n’a pas seulement arrêté d’écrire, il a arrêté de parler également. Je n’ai que des hypothèses. Comme une rupture d’amour avec les mots. La même gourmandise, la même hâte qui l’avait fait apprendre à lire, vouloir décrypter tous les textes de la terre, l’avait poussé, quarante ans plus tard, à abandonner le langage. L’idylle s’était mué en mariage terne, Continuer la lecture#été2023 #01 | Rupture

#été2023 #03 | Anandalakschmi | Gertrude Stein

     Peut-être vous l’ai-je déjà dit, ils étaient là, assis à contre-jour. Un chant liturgique chrétien en malayalam monte depuis la plage, un mystère enveloppe ce face à face improbable. Lui, Shantu, tout en rondeur parlant malayalam à son portable pour quelle raison ? et cette femme plantureuse sous tout rapport répondant par téléphone, curieux dialogue. En approchant le mystère s’éclaircit ;  il Continuer la lecture#été2023 #03 | Anandalakschmi | Gertrude Stein

#été2023 #02bis | telle que dans l’enfance (revisite)

Les rares taxis qui tournent sur la place sont tous signalés « occupés » par la loupiote rouge sur le toit. Quatre chauffeurs refusent d’aller à Orly, je m’en prends au cinquième qui s’excuse, c’est à cause des événements, quels événements, les chefs d’état, alors je me souviens des hélicos de la veille, et du sommet sur le climat aujourd’hui Continuer la lecture#été2023 #02bis | telle que dans l’enfance (revisite)

#été du roman #03 Stein | la lettre

Cette histoire de parfum et de lettre trouvée dans un placard de cuisine on ne va pas en faire un roman a dit Marianne à Bérénice (à chacun des enfants un prénom de théâtre : Marianne, Bérénice, Camille le fils… et Lisette); Lili la dernière, partie à vingt ans, géomètre de formation : trente qu’elle vit dans l’état de New York ; Continuer la lecture#été du roman #03 Stein | la lettre