#été2023 #15 | les objets d’Adelaïde

Jamais la barque ne fut mise à l’eau. Elle dort, paisible, sur une plage de galets. La plage de galets où la femme et la tortue se rencontrèrent et purent, étrangement, se parler. Dans leur commune langue, des objets prenaient sens, des mots devenaient chamaniques, une disparue revenait. Receleurs de poésie secrète, les objets d’Adelaïde revivent désormais. Un minuscule éléphant en ivoire. Continuer la lecture#été2023 #15 | les objets d’Adelaïde

#été2023 #15 | la moquette

Est-ce qu’il y a la moquette dans l’escalier ? Vert pâle moucheté de gris. Une moquette chinée, légèrement bouclée. Je fais l’inventaire écrit et mental (je tente). Je ne devrais pas comptabiliser la moquette de l’escalier, peut-être arrachée depuis. Les choses sont fantastiques, je veux dire du latin fantasticus (« imaginaire, irréel »), à tel point que c’est comme imaginer la Continuer la lecture#été2023 #15 | la moquette

#été2023 #13 | perdre le nord

Nando joue avec son jumeau devant la maison. Ils ont sept ans, c’est l’été, tout est possible. S’échapper de la poussière et des stries de chaleur, affronter les ombres, tout est possible. Être un chien, un cheval, un roi, un soldat, tout est possible. Deux fois. A sept ans, nés de la même poche, les frères s’inventent des mondes en Continuer la lecture#été2023 #13 | perdre le nord

#été2023 #15 | Lyrisme

De ces régions du souvenir qui nous murmurent de rester sur leur seuil, ressurgit une lecture d’Herman Broch, ce devait être  » La mort de Virgile » Ce moment de lecture semblable à aujourd’hui par sa luminosité automnale, les bruits étouffés de la rue, se mélange, se diffuse dans l’idée presque paisible du dimanche matin. Et du seuil où je me Continuer la lecture#été2023 #15 | Lyrisme

#été2023 #14 | Distance.

C’est juste un PMU Au coin de l’angle de deux rues. Qui viennent de là où elles arrivent, l’une de l’est peut-être ou serait-ce de l’ouest ? et l’autre du nord, en tout cas, pas du sud. Elles se croisent juste à l’angle de la même rue, enfin pas vraiment, car il y a un feu rouge pour laisser passer Continuer la lecture#été2023 #14 | Distance.

#été2023 #14 | réflexion(s)

Du côté de l’anse opposé à celui où nous étions je ne pouvais rien percevoir de ce rare moment. Rien, sinon l’indicible beauté du miroir de l’eau tremblant le ciel. Rien, sinon la lumière qu’elle seule sait apprivoiser. Lumière plurielle, changeante, rasante à l’heure d’une marée montante.

#été2023 #12bis | aujourd’hui tout m’est égal dit-elle

Ca y est, on a pris la route de retour. Et aujourd’hui c’est étrange, on dirait que tout m’est égal. Je ne suis plus triste, la route et les paysages défilent devant moi et je les regarde, j’en profite pour regarder défiler le paysage. Moi je trouve ça beau la France. Ils ont de la chance les Français d’avoir autant Continuer la lecture#été2023 #12bis | aujourd’hui tout m’est égal dit-elle

#été2023 #14 | temps parallèles

C’est une scène de rencontre, scène à deux personnages, pas de paroles échangées, tout se passe dans le silence et dans la pénombre, tout est calme comme s’il n’y avait plus d’air, comme si les insectes avaient déserté l’espace, plus d’odeurs à rôder non plus, rien qu’images lentes et couleurs assourdies. Elles sont là toutes les deux, pas bien loin Continuer la lecture#été2023 #14 | temps parallèles