été2023 #05bis | Suspendus à elle

« Vénus sortie des eaux ». C’est ce que je me suis dis quand je l’ai vu. C’est ridicule vu les circonstances mais c’est quand même ça qui m’est venu. Sur les quais c’était dense et moite malgré l’heure, un mélange de sueur et de soufre, c’est ce que j’ai ressenti en accédant au quai. Une masse d’humains – des fêtards encore Continuer la lectureété2023 #05bis | Suspendus à elle

#été2023 #06 | Vivre dense, vivre mort.

Que faire des jours en trop ? Pas de réponse à cette question. Marie prépare les outils, la colle, le crin, les sangles, les cordes pour Pierre, son époux. Distraitement. Il rentre dans deux heures, et sera inexistant… la lumière chassée par une ombre. Assise, elle repense au minuscule cinéma de quartier, aux classiques des studios Universals dont elle parle Continuer la lecture#été2023 #06 | Vivre dense, vivre mort.

#été2023 #06 | les petites bulles

Il avait été lui, dans les institutions internationales, il disait oui, que tout cela reposait essentiellement sur une légende, que la masse monétaire en circulation n’était qu’un jeu d’addition, que c’était comme l’univers, que l’univers est en expansion, mais dans quoi, vu que l’univers contient tout, alors il disait que la masse monétaire c’était pareil, c’était un gigantesque continent, que Continuer la lecture#été2023 #06 | les petites bulles

#été2023 #03bis | Un présent et trois absents

Il y a l’homme au corps rond et insolent dans le petite appartement et la femme avec la casquette sur la tête, et le vieil homme sage qui a été dans les organisations internationales et qui dit que le néo-libéralisme décidément, mais qui aime aussi le sport, et il y a également Paul Clément Jagot mais lui n’est pas vraiment Continuer la lecture#été2023 #03bis | Un présent et trois absents

#été2023 #05 | Sur le champ

Il n’a pas fallu le lui dire deux fois : la plus grande bibliothèque municipale du Royaume à sa porte – ou quasiment, au marché de l’horloge à côté pas loin – et pas réalisé jusque là qu’il s’agissait d’une bibliothèque une bibliothèque ! Le parc l’herbe verte envie de la fouler aux pieds sentir le frais une micro fraction Continuer la lecture#été2023 #05 | Sur le champ

#été2023 #06 | Un désir sans fin

Avec l’argent les livres s’achetaient venaient creuser les cernes de ses murs. Ils peuplaient cette chambre paumée dans l’immensité de l’univers, et si on vendait tout ça, si on vidait les murs de leur chair, il finirait milliardaire. De quoi se payer le soleil et ce qui tourne autour. Les huit planètes, leurs satellites, la ceinture d’astéroïdes entre Mars et Continuer la lecture#été2023 #06 | Un désir sans fin

#été2023 #06 | interview de l’entité 468

Heure : 8h24Date : 16 juillet 2023Lieu : salle de restaurant du bord de l’ eauInterviewer : Sunny Gitreh, sociologue du LabyrintheInterviewé : Entité 468Sunny H : Bonjour entité 468, je suis envoyée ici par l’équipe de sociologues de l’Université afin de mieux connaître le Labyrinthe. Accepteriez-vous de répondre à mes questions ?Entité 468 : Bonjour, oui j’accepte. Ce n’est Continuer la lecture#été2023 #06 | interview de l’entité 468

#été2023 #02 | Le château du Colonel

Tu n’as plus souvenir du portail d’entrée qui ouvrait sur la propriété. Ni du trajet que vous faisiez pour rejoindre la grande bâtisse. Ce dont tu te souviens, c’est du haut du chemin pentu longé de murets de pierres. Tu jouais à les escalader puis à sauter à pieds joints dans l’allée qui menait à ce que vous appeliez tous Continuer la lecture#été2023 #02 | Le château du Colonel

#été2023 #05bis | quatre fois Séraphine

Séraphine est une fille serviable. Elle vient jusqu’ici, même la nuit, et elle donne ce qu’elle peut, du pain, du lait, des pommes de terre. Elle ne fait pas la dégoûtée comme les autres et à l’école elle s’assied à côté de moi. Elle m’aide un peu, pour lire. Elle m’apprend des prières. Séraphine habite la ferme en dessus, des Continuer la lecture#été2023 #05bis | quatre fois Séraphine

#été2023 #05 | Voix en station

3 – Ça sent l’alcool blanc, mélange de digestion, de dents gâtées et d’haleine chaude. Ne pas dévier le regard, ne pas laisser la faille, ne pas trembler, ne pas créer l’ouverture au doute, à la peur, surface lisse, zéro aspérités. Sa tête à quelques centimètres de la mienne, ses mots éructés, ses mains qui montent dangereusement, sa tête vers Continuer la lecture#été2023 #05 | Voix en station