#40jours #15 | prisme

subitement c’est pratiquement ça à portée de main quasiment là dans la vitrine et pourtant partout autour le rond dans l’eau oui peut-être mais où je cueille ça sans les mains sans qu’elles se rejoignent quand et là il n’y aurait plus ça c’est ça ça disparaît s’effiloche en fleur de fugue c’est bien plus loin que loin c’est distant Continuer la lecture#40jours #15 | prisme

#40 jours#14/Fière

je suis assise à mon bureau – pressée par l’heure du rendez-vous administratif obtenu grâce à l’Agence Nationale des Titres Sécurisés – rivée à ma gueule d’étamine accrochée à la photo à coller à la mairie de Talence, sur le formulaire de demande de Carte Nationale d’Identité – si fière et très nationale à mon bureau vernis de bois exotique, Continuer la lecture#40 jours#14/Fière

#40jours #04 | glissade

Oeil soudain luisant comme un ver, pile sur la latte rainurée de la terrasse – parisienne – bois foncé marron, mouillée – verglas ça glisse ça luit ça traîtrise sous le pied et ça signe d’une goutte lente l’érosion de la plaque gelée sous le rayon soleil hiver qui y pointe comme un dard – et s’accroche plus loin tout Continuer la lecture#40jours #04 | glissade

#L6 Seul (e) en scène

Son nez coule l’air est sec pourtant. Clim à fond, les serveurs n’aiment pas l’humidité. Sa gorge racle, ça renâcle, c’est pas seulement l’hiver, mais ce qui reste coincé, au fond de sa gorge, dans la grotte des mots non formés, barrage où ils se glissent bloqués dans les strates de la mémoire inversée dans les marécages derrière les dents Continuer la lecture#L6 Seul (e) en scène

#L4 | Dos à dos

Virginia Woolf, La Promenade au phare, la maison abandonnée animée anima c’est l’âme de l’écrivaine sous les lambeaux de la tapisserie mes ongles sur la page Albane Gellée, Un bruit de verre en elle, captation des fêlures dans le miroir des yeux l’homme il la femme elle ça traverse quelque chose suit son cours, comme dirait Clov Fleurs en fioles Continuer la lecture#L4 | Dos à dos

#L3 | Chemin d’Agoretta

Ses yeux sont encore plissés de nuit tapissés de sommeil lorsqu’elle courbe le dos pour s’incliner, pour voir à qui Robert a ouvert la porte en bas si tôt le matin. La première marche de l’escalier grince, l’une de ses oreilles siffle, un train vient de passer, au ralenti, la gare est juste un peu plus bas, elle ne sait Continuer la lecture#L3 | Chemin d’Agoretta

L#2 | Et puis le train est passé

À l’extérieur, la dalle humide gelée inerte. Dessous, les rails, la voie de chemin de fer recouverte de béton, et qui maintenant ne dit plus son nom. Les rails sont cachés, doublement scellés – direction Behobia. Simplement ce grondement sourd qui irrigue les vitrines des boutiques posées au-dessus, comme des cabines de poupées aux éclairages précieux et recherchés – et Continuer la lectureL#2 | Et puis le train est passé

Coup de glotte

Sous la frange maladroite oscillent les rayons des néons. C’est un couloir lent et long sur lequel baillent des portes ouvertes, alignées sagement, comme les perles du collier de l’aïeule. Le sol chuinte sous ses semelles de plastique caoutchouc mou made in China, alors que son pas s’accélère et dévide à grandes enjambées pressées les numéros des salles allumées mais Continuer la lectureCoup de glotte

Passante à Pasaia

Concentrée sur le nom des arrêts j’en oublie de me perdre. Quelques secondes suffisent pour que j’en sois distraite. Et que je me lève pour la laisser s’asseoir à ma gauche, côté vitre. Elle est passée si près que je ne l’ai plus vue, seulement ressenti le passage le souffle bref de son corps, le relâchement de ses épaules lorsqu’elle Continuer la lecturePassante à Pasaia

Strychnine Rock School Barbey

On dit la fosse je vais dans la fosse – sans qu’à ce moment-là ça puisse prêter à confusion, sans qu’il y ait glissement de sens ni chute ni association malencontreuse avec l’autre, de fosse. On dit la fosse moi j’y reste c’est mieux. Tu rigoles ou quoi je vais pas m’asseoir c’est pas le moment !J’y suis, tendue dans Continuer la lectureStrychnine Rock School Barbey