#40jours #19 | mercredi après-midi

Danielle, qui avait tant reproché à sa mère ses visites chez le dentiste tous les jeudis après-midi de son adolescence, envoya pourtant sa fille, tous les mercredis après-midi (à compter de la rentrée de 1972, le jour d’interruption des classes au cours de la semaine scolaire, est passé du jeudi au mercredi) chez un ponte de l’orthodontie, le docteur Gondrin. Il la faisait poireauter Continuer la lecture#40jours #19 | mercredi après-midi

#40jours #17 | Les femmes travaillent, les hommes triomphent.

Elle avait voulu faire de la politique, changer la vie, ce genre de truc ; elle a milité, distribué des tracts le samedi matin au marché de Boulogne, rédigé des notes de synthèse sur l’aménagement du temps de travail ou la politique de défense qu’elle donnait à Mainard pour qu’il les signe, préparé des séminaires dont on célébrait la parfaite organisation Continuer la lecture#40jours #17 | Les femmes travaillent, les hommes triomphent.

#40jours #36 | Reliques de cimetières

Au début ses rêves étaient chaotiques; ils furent bientôt de nature dialectiques. L’étranger se rêvait au centre d’un amphithéâtre circulaire qui était en quelque sorte le temple incendié : des nuées d »élèves taciturnes fatiguaient les gradins ; les visages des derniers pendaient à des siècles de distance et à une distance stellaire, mais ils étaient tout à fait précis. L’homme Continuer la lecture#40jours #36 | Reliques de cimetières

#40jours #36 | inutile

Dans le lieu sans lieu de mon cerveau. Nulle part ailleurs. Et surtout pas dans les cimetières que je ne visite plus depuis celui de Prague dans le quartier de Josefov où j’ai posé des cailloux, les uns sur les autres, comme des corps empilés. En lettres qui furent noires sur une plaque qui fut rouge. La tombe du cousin Continuer la lecture#40jours #36 | inutile

#40jours #24 | Pierre Pavoine

Basile commence par interroger Google en notant Pierre Pavoine : Réponse rapide en 0.42 secondes environ 94 300 résultats Satisfait de sa première découverte, la situation de la rue et le portrait de l’homme recherché, fusillé comme otage le 21 février 1942.Toujours pas d’explication sur le pourquoi du nom de cet homme à cette rue, si ce n’est en hommage au cheminot Continuer la lecture#40jours #24 | Pierre Pavoine

#40jours #35 | vertige

Pablo regardait avec amour les trous qu’on faisait dans le bitume. Il se penchait au bord des précipices, admirait toute la machinerie mise en place pour détruire ce qui avait été construit. Il se délectait des entrailles de la ville, rentrait en adoration au son grinçant des scies sauteuses et des marteaux piqueurs. Il attendait avec impatience le jour où Continuer la lecture#40jours #35 | vertige

#40jours #36 | pataouète langue morte

Échos : « Achpète, mon fils. Je souffle un peu. Y’avait une de ces baffane on aurait cru que la maison allait s’envoler, dis. Balek devant, j’arrive avec la kémia. Y en a pas bezef. Mais ma parole, t’es bislouche ou quoi ? Il s’est tapé une de ces bouffa. Mais d’où tu sors, toi, t’y es un vrai boujadi! Ne le crois pas, c’est un boulanos. Que bouratcho. Arrête de Continuer la lecture#40jours #36 | pataouète langue morte

#40 jours #35 | dans notre grange

On vide l’espace, on descend les bottes de foin, les bottes de paille, les bottes de regain, on balaie, on pelle, dans notre grange, on abat les parois, on vire les poutres, on libère de l’espace, il faut tout vider, les sacs de grain, les fourches suspendues, plus rien ne doit rester, le monte-charge, les échelles, plus rien, les abreuvoirs, Continuer la lecture#40 jours #35 | dans notre grange

#40jours #16 | Les forces mentales de l’écriture

Tout écrivait quand j’écrivais dans la maison. L’écriture était partout. Ça rend sauvage l’écriture. On rejoint une sauvagerie d’avant la vie. Et on la reconnaît toujours, c’est celle des forêts, celle ancienne comme le temps. Celle de la peur de tout, distinct et inséparable de la vie même. On est acharné. On ne peut pas écrire sans la force du Continuer la lecture#40jours #16 | Les forces mentales de l’écriture

#40jours #35 | sempiternellement

Continuellement — sempiternellement — sans pitié si je mens — construire c’est dément — maison de reposement —si j’ose dire posément — et littéralement — parpaing brique et ciment — l’ancienne rasément — démontée carrément — les pensionnaires allemands — mais aussi les romans — les habitants du Mans — déplacés aisément — ici pour le moment — tout va Continuer la lecture#40jours #35 | sempiternellement