#anthologie #24 | Une femme qui dort

Dès qu’elle ferme les yeux, l’aventure du sommeil commence. Elle sent la peau de sa peau se flétrir, gagner en épaisseur, et son corps, tout comme ses organes, ayant en quelque sorte renoncé à la légèreté, tombent dans une sorte de vide. C’est un instant inhabituel. Tout se déploie en elle, sans doute, et pourtant elle est comme extérieure à Continuer la lecture#anthologie #24 | Une femme qui dort

#anthologie #25 | Obsession lavande (notes)

Odeur d’acétone de son haleine d’enfant. Frotter en passant les branches de la lavande s’arrêter toujours. Froisser les feuilles duvet du Géranium Rosat. Odeur de la soupe au céleri de Marcelle. Odeur de thym, test en aveugle pour distinguer thym citron, thym serpolet, thym commun. Mes odeurs imaginaires sont réelles, souvent une odeur de brûlé, tout va bien pourtant selon Continuer la lecture#anthologie #25 | Obsession lavande (notes)

#anthologie #21 | E(1) W(2) N(3)

(1) E pour Epernay, ça peut valoir pour l’Est(2) W pour Washington, ça peut valoir pour l’Ouest(3) N pour Nîmes, ça ne vaut pas pour Nord. Notes sur la proposition #12 (1) Moins qu’un prolongement de la plaine crayeuse1, Épernay se présente comme allant de soi, comme étant de nulle part ailleurs que d’entre soi. Des maisons à un étage, Continuer la lecture#anthologie #21 | E(1) W(2) N(3)

#anthologie #24 | les dormeurs intempestifs

Ce qui me manquant le plus de la vie en Chine, ce sont les dormeurs et les dormeuses. En Occident, l’oisiveté est suspecte, qu’on soit vautré ou qu’on piétine nerveusement. Mais en Chine, dormir quand on n’a rien à faire est tout à fait normal. On dort partout : sur le siège d’une moto, à l’ombre d’une charrette à bras, Continuer la lecture#anthologie #24 | les dormeurs intempestifs

#anthologie #23 | Le sous-sol

Je ne me souviens pas d’une époque antérieure au sous-sol. Il a toujours été là, comme mes bras, mes jambes, ma tête qui repose sur mon torse, et sur personne d’autre. Nous étions assez enfants pour partager naturellement le même sol, même s’il y en avait deux. L’un en haut, l’autre en bas, mais nous n’avions pas besoin de celui Continuer la lecture#anthologie #23 | Le sous-sol

#anthologie #22 | Véritable route de campagne avec fictions

Derrière le portail de la petite maison de l’autre coté de la route, à peine dissimulé par une armada d’herbes folles, c’est un capharnaüm d’objets abandonnés qui bloque le passage jusqu’à la porte d’entrée. On dirait une cargaison de brocante à ciel ouvert, déchargée à la hâte, puis laissée à l’abandon. Il fixe d’abord son attention sur un matelas noirci Continuer la lecture#anthologie #22 | Véritable route de campagne avec fictions

#anthologie #21 | Vies annotées

Tu es tout l’inconnu assemblé en un seul corps (1). Ce corps gracile. Ces bras immenses où jouent l’enfant qui te sourit (2). Cet enfant main sur la bouche où retentit ton cri. Un cri de mère planté à la racine des dents (3). Ce cri d’enfant qui dit maman n’est pas le tien. Pourtant il est le sang qui Continuer la lecture#anthologie #21 | Vies annotées

#anthologie #24 | gens qui dorment

Il était allongé sur le côté gauche, le bras droit posé sur le flanc droit, le bras gauche allongé en angle droit avec le corps, la tête reposant sur le biceps gauche, le menton légèrement baissé entraînant la tête vers la poitrine. Yeux fermés,de temps en temps ils les plissaient. Etait-ce une réaction à un stimuli extérieur? à une pensée Continuer la lecture#anthologie #24 | gens qui dorment

#anthologie #23 | mur

Au début, on gratte avec l’ongle, on détache un petit bout et on tire le plus délicatement qu’on peut, un lambeau vient, puis un autre, le geste se précise, on déchire avec soin, des lanières de plus en plus régulières, du bas vers le haut, de longs lambeaux, ici un imprimé de fleurs. On déchire, vient la couleur, vole la Continuer la lecture#anthologie #23 | mur

#anthologie #24 | grands fermés

Ce que je sais d’elles et eux, c’est le peu qu’on ose laisser passer quand on se présente à des inconnu·es que quête commune et hasard vont nous faire côtoyer quelques instants. Bien sûr j’ai laissé trainer une oreille attentive et distraite : syndicaliste, assistance publique, trotskard, grands enfants, radiothérapie, … des mots de vies normales avec leur dose de Continuer la lecture#anthologie #24 | grands fermés