#photofictions #04 | Photo de classe

Placés en rang d’oignons, épaule contre épaule, tous dans une position identique, droits comme des i, regard fixes, face à la caméra. Il faudra quand même trois files : un premier rang assis, un deuxième debout et le troisième, monté en équilibre, sur un banc branlant. Aucune vulnérabilité sur ces visages impassibles, on contrôle tout ici : les vêtements choisis depuis belle Continuer la lecture#photofictions #04 | Photo de classe

#photofictions #05 | Osez la photo de rue

Il s’ennuie, il se promène, le parc est beau, il court derrière les pigeons, essaie de les prendre au vol avec l’appareil qu’il trimballe avec lui. Il voit une femme, il la suit, c’est un rendez-vous, c’est un couple. Il prend des photos, de plus en plus de photos en se cachant, mais la femme le voit et veut lui Continuer la lecture#photofictions #05 | Osez la photo de rue

#photofictions #03 | Ça veut bien dire ce que ça veut dire

Photo floue, ratée. Un hangar, un garage sans voiture, vidé pour les quinze ans du petit. Une maison de banlieue, des parpaings, des posters de travers, A-ha, Scorpions, Still loving you. Il fait sombre. Ce n’est pas qu’il n’y ait pas de lumière – ambiance tamisée – c’est qu’on n’a pas mis le flash. Des jeunes. Contre le mur, des Continuer la lecture#photofictions #03 | Ça veut bien dire ce que ça veut dire

#photofictions #05 | hors champ vers la gauche

Ils ont repoussé la table des jours de fête et des soirées domino contre le mur de droite. Les quatre ouvrières sont déjà dans l’escalier, riant et se racontant ce qu’elles ont fait hier dimanche, un long déjeuner, une promenade sur le cours avec son fiancé. La plus jeune, l’apprentie a quinze ans, la plus âgée une vingtaine d’années. Clémence Continuer la lecture#photofictions #05 | hors champ vers la gauche

#photofictions #04 | et si on jouait à faire semblant ?

Ses pieds le précédent dans son déplacement, son buste un peu à la traine, ses mains dépassent à peine des manches de son sweatshirt trop grand et de ce corps pas très obéissant part un coup de pied dans le ballon qui ne va pas si facilement toucher sa cible, comme pas exprès, avec un large sourire et des yeux Continuer la lecture#photofictions #04 | et si on jouait à faire semblant ?

#photofictions #04 | les vivants qui vont bien

Marwane est accoudé à la fenêtre, porte ouverte sur la campagne nue, rase et nue comme un petit bidon en friche, sorti de la chemise, une campagne négligée aux cheveux rabattus, il fait déjà froid depuis quinze jours alors qu’on vient de quitter les dorures du soleil, l’air frais et la fenêtre comme un cadre plaqué sur le corps du Continuer la lecture#photofictions #04 | les vivants qui vont bien

#photofictions #05 | La mémoire comme un film

Non, pas une salle de cinéma, non, pas le rôle d’un spectateur ayant acheté son billet. Juste le hasard des choses, je crois que l’on dit ainsi. Se retrouver ici ou là, je ne sais jamais quel mot choisir entre ces celui-ci ou celui-là. Être soudain avec cet homme qui ouvre les boites en fer blanc numérotées, dans sa cabine. Continuer la lecture#photofictions #05 | La mémoire comme un film

#photofictions #04 | Siphon

Et comme est chaude la laine, les fils croisés se retroussent sur l’avant-bras, que le froid piquant gifle sous le ciel jaune et rouge, ciel qui glisse, se gonfle, s’étire comme l’étoffe que le vent déforme, immobiles les cheveux piquants en brosse, insensibles à la bourrasque à laquelle s’offre un visage nonchalamment posé sur le rebord, c’est qu’il n’y a Continuer la lecture#photofictions #04 | Siphon

#photofictions #04 | Challenge de pétanque

Challenge international de Pétanque– dédié à Henri Salvador – Corse, L’Ile-Rousse, dimanche 23 septembre 2022 La place Lisula est noire de monde. Pour le concours, elle accueille 360 équipes de boulistes, tous des pointures qui « envoient la came » (ils jouent tous de manière excellente). Ça vise, ça tire, ça tire au fer, ça pointe, ça pointe. Celui-là – Continuer la lecture#photofictions #04 | Challenge de pétanque

#photofictions #04 | Fosses communes

Un matin, le bruit est revenu, le même petit bruit sourd, étouffé, mais régulier, là à côté, presque sous mes pieds, alors, malgré les yeux encore pochés et embués de sommeil, j’ai ouvert la trappe en ciment, ça a grondé dans toute la fosse dans laquelle il n’y avait rien, parce qu’on ne voyait rien, ou juste l’espèce de lune Continuer la lecture#photofictions #04 | Fosses communes