L’espagnolette en son bouton

¡ Mira ! ¡ Mira ! l’espagnolette qui tient fermée la fenêtre, la croisée (six carreaux) le mur qui en retrait l’encadre (blanc le mur, d’autant plus blanc que le sol est rouge de tomettes) ¡ Mira !  le mur qui prend naissance à l’angle droit des tomettes, plâtre lisse (il ne date pas de l’époque de l’enchâssement de la fenêtre) Continuer la lectureL’espagnolette en son bouton

42.40 Nord 09.30 Est

Plein Est elle lui offre large vue imprenable sur le canal de Corse et plongée dans le miroir de ses évasions intérieures souvent humides quand une grenouille verte aux yeux dorés l’observe à travers la vitre dans le noir  ne renvoyant de lui qu’une confuse image mêlant rêves impossibles et réécriture du passé ou quand les orages qui frappent la Continuer la lecture42.40 Nord 09.30 Est

La Duchère -repérage-

Elle se dit qu’elle part en repérage pour ne pas ressentir au retour la déception d’un voyage pour rien. Elle s’attaque au plus difficile de son parcours sur le 21 : les arrêts de la Duchère, un autre monde sur cette ligne tour à tour villageoise, campagnarde, bourgeoise, industrielle (tertiaire), commerciale, urbaine. Un quartier populaire d’habitations, connu à Lyon pour sa Continuer la lectureLa Duchère -repérage-

La Chaise sur le balcon.

Un balcon, centre ville pas très large. La chaise est là depuis longtemps. Sur les autres balcons à droite, à gauche des sièges en toile, en formica, plastique ou métal. Mais celle-ci est une chaise rustique, paillée, de forme très ancienne, quatre pieds dont l’un est plus court, à peine : chaque fois qu’il s’assied on entend le petit décalage, Continuer la lectureLa Chaise sur le balcon.

Reflets aveugles

Lumière éclatante dans ce matin d’été. Une phrase de Lou Reed :«  L’avenir est tellement éclatant que je mets mes lunettes noires » dérision matinale, just rock and roll.  Le bureau tourne le dos à la fenêtre/presqu’une baie/, ne pas voir le Garlaban au loin embrumé de nuit, ne pas entendre les cris d’enfants qui se réveillent dans les maisons qui jouxtent Continuer la lectureReflets aveugles

Dragée

Des milliers qui descendent qui vont vers la place et c’est là ça se nomme une dragée c’est au milieu – non pas au milieu un peu sur le côté – ça matérialise les sens ça existe c’est là une dizaine de centimètres au dessus du bitume ils appellent ça une dragée et ça s’incurve ils appellent ça des bateaux Continuer la lectureDragée

Ouverte ou fermée

Ouverte ou fermée, elle donne sur la nuit qui mange la demi-lune encore attachée au souvenir. Mince paroi qui n’en n’est pas une, découpant à l’intérieur des morceaux de transparence tenus par les montants du corps traversé.  Navette  entre dedans et dehors quand l’un devient l’autre dès que le vent tambourinaire donne le signal. Elle est le cadre du vertige, Continuer la lectureOuverte ou fermée

L ‘ a n c ê t r e

Assoupie vient la boutique de Kalliroï         improbable foutoir de présentoirs de fortune         pièces uniques         parfois orphelines        dépouillées de leur alter comme cette boucle de cuivre tressé        ressort tendu à l’opale enchâssée        la boutique est étroite        encombrée          pas de mot pour dire cette luxuriance de rouille et d’éclats                curieusement on respire                chaque objet est une porte antique                 tenons-nous le pour dit        Kalliroï est sans pareille        trois ans que Continuer la lectureL ‘ a n c ê t r e

L’Aquarium

On l’appelle l’aquarium c’est peut-être pour le clin d’œil le signe de connivence discrète cette manière d’utiliser un argot d’entre soi quand tu parles à n’importe quel infirmier psy surtout s’il est d’un âge pour dire poliment au rebut il le connaît bien l’aquarium il voit tout de suite les larges baies vitrées entourant le grand bureau central l’ombilic des Continuer la lectureL’Aquarium