de l’autre côté de la baie

en haut de la rue (au bout de l’image il y avait cette petite montagne, au fond du cadre, là-bas dans les bleus – le ciel y est toujours bleu – sauf en février, il y pleut – fondu dans le paysage, le mont domine la baie, une courbe douce comme une hanche, au loin on ne voit pas bien mais des villages, des maisons, des villas, c’est la plage « les enfants à table » on se précipite, on nageait il n’y a que dix minutes, on marchait les pieds nus sur le sable, les petits cailloux, les termes en ruine on les laissait à main droite – il n’y avait pas encore les petits mômes qui ne viennent que l’après-midi – au fond de l’image derrière la plage et la maison de R., le mont – on remontait à la maison, de plomb sur les épaules le soleil de midi, l’avenue monte, elle est dédiée à la reine Didon, plus loin en haut de la colline se trouverait une église, chrétienne, le théâtre romain, et puis longtemps après (mais le mont, lui, toujours là, dominant le monde) on apprendrait (Gaffiot, sixième-cinquième en horaires aménagés) que Carthago delenda est, plus tard le nom de la station du TGM (les Barca, Hamilcar puis Hannibal et ses éléphants dans le froid et la neige des Alpes…) plus tard la route, les stations-service (la British Petroleum, la Standard Oil) plus tard la Dauphine garée au soleil, bien plus tard encore (une des plages se nomme Salambo, une autre Saint -Germain) et Neptune et encore – il y avait cette chanson qui disait « au bout du téléphone il y a votre voix/ et il y a ces mots que je ne dirai pas » avais-je treize ans à faire mes patiences dans la rue, au soleil, ici sur cet autre continent, en pensant à mes petites amoureuses ? je ne sais plus, c’est loin tu sais)

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