Glabelle

Dans le tube des escaliers mécaniques, elle est portée, montante, le front soucieux. Elle ne regarde pas les toits de la ville à l’infini, le ciel bleuté au dessus de nous, la lumière qui nous accompagne. Elle ne voit rien de la foule minuscule en bas sur le parvis qui s’éloigne d’elle, se rapproche de moi. Ses yeux travaillent, s’efforcent sur l’écran de son smartphone. Puis s’apaisent et se lèvent. Seul son front garde trace de l’inquiétude qui l’abandonne : deux petites lignes au dessus de son nez qui vont disparaître, là, à l’instant où nos escaliers mécaniques se croisent. Glabelle apaisée. Ses yeux m’illuminent, son visage me trouble. Déposer un baiser sur son front. Dans le tube, les escaliers mécaniques nous séparent.

A propos de Ugo Pandolfi

Journalist and writer based in the island of Corsica (France) 42.40 N 09.30 E.

3 commentaires à propos de “Glabelle”

  1. les escaliers mécaniques sont-ils plus tendres que ceux de la butte? La glabelle revient, ce mot qui avait surgi dans « Prendre » et, comme l’écrit Brigitte ne pas perdre espoir …

    • Merci Nathalie pour vos lectures attentives. En effet la glabelle est revenue dans cette exigence d’un « instant sans durée ». Glabelle chez moi. Porte rouge chez vous. A l’évidence, chacun de nous a sa manière de fictionner, voire de frictionner, nos mémoires. Pour ma part, les escaliers mécaniques dont il s’agit étaient ceux du Centre Pompidou dont la tendresse doit beaucoup aux toits de la ville. Quant à la question posée par Brigitte Célérier et comme vous même m’incitez à le penser, il ne faut jamais perdre espoir en effet. Pour autant, comme Brigitte, je pense aussi que pour la fiction il était plus sage de ne pas oser remonter l’escalier. Pour la fiction, et seulement pour la fiction.

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