ILS ELLES EUX

Ils épinglent leur regard au panneau mécanisé clic-clac des horaires et des quais ils attendent debout piqués statue ils tripotent des écrans petits lumineux ils sandwichent jambon beurre un perrier bourdonnement ronron permanent ils chewing-gum cigarettes dehors elle débite carte bleue sans contact ils poussent ils tirent ils allongent les pas ils courent elle béquille pas facile attention elle regarde sa montre ils ouigo nombreux groupés avant l’ouverture des portillons contrôle elle voix souple fip radiophonique un peu éloignez-vous de la bordure des elle jacques demyse mon amour je ne pourrais jamais vivre sans ils traînent ils s’essoufflent ils s’embrassent elle l’embrasse ils se séparent il la retrouve elle gronde pas trop près il court raté non il verbalise il fait la manche une petite pièce les chiens muselière dehors elle renseigne il pleut elle frappe la machine en panne pas le temps le billet ils râlent ils vigipiratent elle baisse les yeux les yeux obliquent elle radiophonique est annoncé avec un retard de quinze minutes elle pleure il fait froid il nez qui coule éternue ils lisent elle mots fléchés le journal gratuit du tram vingt minutes il cannette coca la poubelle s’il vous plait ils s’activent il attend au guichet elle remboursement prems pas possible pas juste les grèves les travaux quel bazar encore toujours en elle salade césar ils butinent le temps il balaye pelle à long manche service propreté il bouquine un coup la page un coup panneau mécanisé clic-clac ils poireautent il pianote air de jazz aïe il reprend pas complexé courant d’air contrôleurs ils cherchent un livre un magazine un truc à manger un truc à faire à boire elles portablent plus de réseau activer le réseau il actionne distributeur histoires tu liras ça dans le train allez ils montent les valises escalator en construction fatiguant ils descendent les valises escalator en construction fatiguant ils se cognent ils se heurtent s’entrechoquent les épaules les valises vont en haut vont en bas couloirs souterrain la passerelle ils compostent ils sécurisent sécurité ferroviaire il retire des billets au distributeur la queue ils attendent eux les piafs ils attendent les miettes elle toute seule encaisse speed un café à emporter deux cookies il baille long elle voudrait s’asseoir plus de place ils tapotent leur écran dans leur monde voient personne ils se voient sans se regarder il se penche la poignée de la valise elle s’épanche la tendresse panneau mécanisé clic-clac ils foncent ils se ruent ils s’élancent voie numéro deux en provenance se déverse dégorge se répand la sortie ils s’attendent il ne sait pas qui affichette monsieur l’entreprise attendre ils s’aiment il la reconnait bon voyage ils se retrouvent elle l’accompagne ta bouteille d’eau ma voiture parking j’ai failli rater voix imperturbable correspondance pour quelques notes de musique un autre elle regarde sa montre tu m’appelles crissement de trains il siffle lève le bras signal humain bonjour au revoir 

A propos de Sylvia Boumendil

je bricole, je tricote, j'anime des ateliers d'écriture, j'explore, je cherche, j'essaie, je teste, j'apprends je publie quand je peux, je brode, j'écris, je lis, j'échange, enfin juste le quotidien de quelqu'un de curieux. Sites : ecrire44.fr / sylviaboumendil.fr

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