La fugue

Eau-source silencieuse creusant, à l’abri de l’air et des hommes, sa réserve dans l’antre humide de la terre. Sous les champs, elle suinte de la terre argileuse, son grand imperméable dans laquelle le temps cherche à l’envelopper. Bousculant dans un mouvement doux, infime, de minuscules grains de sable, elle ouvre, dans une nuit de silence, une fente, une fissure, l’ouverture, la sortie. C’est la fuite, la fugue, l’escapade, l’évasion, la cavale. Fugitive discrète ou parfois turbulente, elle va et s’étire, s’enroule, se déroule, cherche et se cherche, s’étale, s’aplatit, émerge et se livre, se rend, généreuse, abandonnée aux mains de celui qui se désaltère.

A propos de Bernadette DELORME

Des mots m'ont manqué, je les ai cherché dans les livres, cherchant à les apprivoiser, les épousant parfois, les aimant passionnément. Dans l'ombre de ces grands mots, je cherche les miens, des mots qui se déroulent, s’enroulent, fleurissent, s’épanouissent au-dehors avec la sève du dedans.

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