Librairies, librairies, #03 le livre comme fiction

1. Castelsarrasin, Alary

2. Castelsarrasin, Courdy

3. Montauban, Le Parchemin

4. Montauban, Le Scribe

5. Montauban, Deloche, 

6. Saint-Girons, La Mousson

7. Saint-Jean-Pied-de-Port, l’ancienne librairie 

8. Sarrant, la Librairie-Tartinerie

Toulouse, Colombette

La rue de la Colombette est au cœur de Toulouse, pas dans les tortueuses rues moyenâgeuses, dans une rue droite mais étroite, en continuité avec un ancien faubourg, là où a eu l’idée de tenter une commune libre à une certaine époque… Le librairie est au cœur de la rue, mais avec des bâiments tellement étroits qu’elle est en deux morceaux. Un large bandeau rouge accueille, dont l’éclat reste vif au long des années, tant la hauteur des bâtiments protège des ardeurs solaires.

L’accueil s’y fait à voix feutrée, mais avec une passion qui couve sous la cendre.

« Une urgence Melville ! J’aime quand on m’annonce ça au téléphone. Je vous ai trouvé les deux traductions que je crois les meilleures. »

Les étagères montent haut des deux côtés. C’est un lieu de l’accumulation qui laisse pressentir le fracas d’une chute généralisée qui n’épargnerait pas la littérature. D’ailleurs le comptoir est tapissé de présentoirs qui proposent des pamphlets tout autant caustiques qu’alarmistes. En tons bruns ou violets de préférence.

« Je ne vous cache pas que c’est dur, ce n’est plus la peine de faire des livres. »

Toulouse, Basso Cambo

La station de métro de Basso-Cambo est un terminus, quartier de ville nouvelle, ce genre de quartier soit que l’on fait tout pour quitter, soit que l’on se pique d’avoir choisi pour se faire bien voir. Y déménager sa librairie, c’est quand même courageux, même quand ça laisse la place pour un auditorium que la concurrence n’aura jamais la place d’avoir. Et puis on peut s’y permettre d’y faire un accueil nature, avec des buissons fleuris tout le long de la descente de la rampe d’ccès. Ça change peut-être l’approche des livres…

« Tiens, regarde là-bas, ça devrait te plaire. »

Les étagères, ici, sont plutôt larges que hautes. Le jeu, c’est d’arriver à comprendre où commencent et où se terminent les lettres de l’alphabet. Souvent, la librairie est vide, tout le monde est dans l’auditorium à préparer une séance ou à parler encore avec les personnes qui assistaient à la précédente. Cela laisse la grande liberté de flâner parmi les livres, comme s’ils poussaient à l’égal des plantes messicoles parmi la monotonie des épis. Ça donne envie d’en faire, des livres.

« Excuse-moi, j’étais à côté. Dis, toujours pas trouvé d’éditeur ? Ça tombe bien, pas de client en vue, c’est calme, je peux prendre le temps d’ouvrir mon fichier professionnel, on va trouver à qui envoyer ce manuscrit… »

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