#livre #01 | Un livre, c’est d’abord être

Un livre ou plusieurs livres ?
Qu’est-ce qui appelle, agrippe, nous attrape ?
Ce n’est pas une couverture, le choix d’une police, du papier.
C’est d’abord un nom d’auteur. Un homme ? Une femme ? Et ce que ça pèse.
C’est un titre. Ce qu’il y a de suppositions derrière, ou peut-être un mot qui intrigue, fait rejaillir des souvenirs, éclate dans la tête, console, dérange.
Elle, sa manière de dire, de lâcher le réel comme un avertissement, un aveu, un barrage, sans filtre, ou d’en donner l’impression ? De ne rien adoucir, mais de choisir ses mots, de les travailler.
Quelle part de réel, de fiction ? De quel côté penche la balance ? Et même si on pense savoir, si on tente de démêler le vrai du faux, si on cherche la faille entre les lignes, si on imagine les scènes, que sait-on vraiment de ce réel, du livre, de comment il a été construit, quand, où, pourquoi, dans quel délai ? Que sait-on de l’auteur, ses tracas, ses tics, ce qui le met en mouvement, le freine, l’émerveille ?
Lire un livre, est-ce apprendre à connaître l’auteur ou est-ce s’en détacher pour se laisser entraîner par un déroulement de faits, de scènes, un thème dont on se sent proche, éloigné ? Et qu’en penser ? Quel chemin parcourir avec cette matière ? Quel regard neuf sur ce qui nous entoure ? Quelles affirmations ? Quels conflits ? Quelles obsessions ?
Le livre, n’est pas un objet, c’est d’abord être. Être un homme, une femme, être poussé des ses retranchements, prendre position, fléchir, régresser, grandir, combattre, espérer, rêver, souligner le petit, le banal, chercher le beau dans le laid. Et ce sont des phrases pour mettre le tout debout.

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