Mes lits minuscules

Dans la chambre verte, un crucifix surplombe un des lits jumeaux : la fillette au crâne d’orpheline prie pour la venue d’un frère parallèle.

Grand mère ronfle, le loup l’a pas bouffée, elle prend toute la place, j’mangerai plus avant qu’elle meure.

Toile de Jouy jaune du sol au plafond : je glisse la patte de Peluche entre mes cuisses et rêve au berger dans ma boîte.

T2, Paris-Venise, suffit d’une seule couchette pour franchir le mur du son.

Dans ce fauteuil électrique, gériatrique, plastique, ma voix : « Maman, tout va bien, tu peux partir maintenant ».

Les draps qui s’enroulent, se boulent, s’humectent de peur dans les tissage AP-HP.

Je ne sais plus si le lit du haut était assez bas pour saisir ta main.

20 ans après, une couverture à soi.

Lattes déchaussés, dents qui grincent, vernis écaillés des orteils dépassant la courtepointe et penser défaut de construction.

La couette batman se morfond : punaise, ton absence gratte jusqu’au sang !

6/10

A propos de George H'

Reprise en main après gros burn out. Envie de réaliser les rêves d'il y a longtemps. D'effacer le mauvais temps mais apeurer par l'autre temps, celui qui passe. Alors je boulimine, joue, écris pour le théâtre, les féministes, les enfants, (j'écris pour mon plaisir, EN FAIT !) anime modestement quelques ateliers d'écriture et pense au Livre, un roman que j'écrirai une fois guérie grâce aux applications de baume biafinique. Je parlerai de tout, de rien, de tout surtout. Un jour...Je tiens le bon bout, la preuve, je me Bon(nifie) ici en 2021.

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