#construire #04 | l’autre rive

Tu observes la foule. Les gens s’engouffrent dans la bouche de métro comme les petits pains vont au four, la déferlante des employés, tu ne rejoindras pas, tu n’iras pas, tu fais demi-tour, ce n’est pas une décision, juste une impossibilité, une frontière invisible qui te refoules, tu remontes la rue qui va du Radar au centre-ville, un centre-ville décentré, Continuer la lecture#construire #04 | l’autre rive

#construire #01-03 | flashes

Comme un carnet d’écriture, mais pour l’essentiel : #01 | frère des cendres#02 | cendrillons#03 | flashes#04 | #05 | #06 | #07 | #08 | #09 | #10 | 03022026 1 William-Adolphe Bouguereau, La Leçon difficile (1884) Correspondances | La nouvelle année de correspondant local s’ouvre comme l’année passée, avec les vœux des maires. Bilan de l’année, quelques projets, Continuer la lecture#construire #01-03 | flashes

#construire #04 | marcher dans la ville

Tu vis ta jubilación comme du temps en plus pour tes vagabondages dans la ville. Marcher, observer, passer d’un lieu à un autre, à ton rythme, plus pressée par le temps, ça te donne un peu le vertige. A contresens de la foule, un jour de semaine. Tu longes la Garonne sur les quais de Bordeaux. Tu contemples les reflets Continuer la lecture#construire #04 | marcher dans la ville

# Construire # 04 | variations à la traine

On dirait bien toi, après la montée. Ou ta silhouette, immobile devant le porche de la vieille ferme morte, côté ville. Tu traines par là. Tu fais quelques pas, tu t’arrêtes devant le mur qui enfle dangereusement. Tu repars.  Tu longes la vie d’avant, celle qu’ont engloutie les grandes réalisations urbaines. C’est fini, tu traines tes guêtres dans un autre Continuer la lecture# Construire # 04 | variations à la traine

#construire #04 | Prendre l’air

« Je sors un moment prendre un peu l’air ! » Tu cries. La porte claque dans ton dos. Tu n’écoutes pas ce qu’elle te dit en partant. Tu entends comme un léger bourdonnement à tes oreilles entrecoupé par le bruit de tes pas sur les marches de l’escalier. Rapidement le bourdonnement cesse et il n’y a plus que tes pas. Rythme Continuer la lecture#construire #04 | Prendre l’air

#construire #04 | les mots qui traînent

Tu traînes. Tu traînes dans la rue sans regarder où tu vas. Tu traînes et tu regardes en haut, en bas, à droite, à gauche, juste devant, parfois derrière, devant l’arbre, à côté de l’arbre, juste derrière l’arbre, entre l’arbre et le mur, entre l’arbre et le bâtiment, c’est quoi ? une église ? entre l’arbre et l’église, entre l’arbre et l’arbre, Continuer la lecture#construire #04 | les mots qui traînent

#construire #04 | Traîneur de frontière

Tu traînes. Un homme t’a regardé. Tu ne sais pas par où passer. Tu ne sais pas comment franchir. Alors tu traînes autour de l’église. Tu cherches la porte basse. Tu cherches la porte la plus basse. Tu aimerais bien qu’il y en ait une. Revenir en arrière. Tu es au-delà. Le bantaba est là, ce qu’ils appellent l’arbre à Continuer la lecture#construire #04 | Traîneur de frontière

#construire #04 | Ennui

Tu t’ennuies.Tu t’ennuies avec une telle ardeur que tu te prends par moments à contempler ton ennui même. Sa pureté. Sa constance. Son acharnement. La fascination que t’inspire ton ennui éloigne encore un peu (est-ce possible?) le monde qui t’environne. Les rues défilent, spectrales, des boutiques à l’avenant annoncent Dieu sait quoi, attirant des êtres qui semblent savoir de quoi Continuer la lecture#construire #04 | Ennui

# 03 Atelier du mardi # Un vestibule, une maison, un patio, une panthère, une écriture

Michaux, le rideau des rêves. Depuis le vestibule coudé, j’entends monter du couloir les voix des voisins encollées contre les murs, elles répètent des mots sans suite déformés comme si elles venaient d’un autre âge qui n’a pas pu exister, leurs langues non plus. Ont-elles été effacées? Étaient elles universelles? personne ne le sait, ici l’algorithme a tout nivelé. Alors? Continuer la lecture# 03 Atelier du mardi # Un vestibule, une maison, un patio, une panthère, une écriture

#construire #02 | Une plage, matin

On ne sait pas ce qu’on cherche, on cherche des choses, on cherche du vivant, quelque chose qui bouge qui se déplace qui rentre dans sa coquille ou qui se laisse balloter par l’eau, qui n’a pas encore de nom, on éprouve le gluant le visqueux le sec le salé le grattant le brûlant, les boutons les croûtes les blessures Continuer la lecture#construire #02 | Une plage, matin