Terre d’eau

Terre aux frontières d’eau, ici la mer nous longe toujours, évidence d’à côté. La Méditerranée noyée par ses couleurs aux horizons, paresse de longs mouvements. Quand elle est à notre gauche, on se dirige nord ; à notre droite, trajets vers le sud. Petite, je regardais la mer avec mon corps : me rassurer du retour à la maison. Ou éprouver l’éloignement. Boussole d’eau qui me plantait, « je suis ici », géographie d’un pays de pupilles. La mer sur la carte bougeait dans mes yeux. La mer, oblongue comme langue bleue et Beyrouth, uniques repères de ma vision enfantine. Je suis de la capitale, fierté. Abstraite comme toute fierté. D’autres villes et villages fixés par leur nom à la carte pendent, pays étrangers dans le pays. Corps d’une même eau-mer Méditerranée.

A propos de Gracia Bejjani

j’ai quitté le Liban à 20 ans. je n’ai jamais quitté. ne suis jamais où je suis. j'y suis. je filme et j’écris. photographie, écris. programmée au Festival Extra Litteratube, à Beaubourg. publiée par le Courrier International, la Plume Francophone, etc. je me relie sur graciabejjani.fr youtube.com/c/graciabejjani https://anchor.fm/gracia-bejjani

11 commentaires à propos de “Terre d’eau”

Laisser un commentaire