Si quelque chose me manquera, au retour du Québec, ce sera le fleuve. On peut l’aimer comme chez nous on aime la mer. Ce n’est pas de l’eau apprivoisée. Il attrape les saisons avant la terre, il amplifie les reflets, les vents, il offre un élargissement à l’espace intérieur. Même à dix mois de fréquentation, le déplacement d’échelle n’est pas encore intérieurement assimilable. J’aurai connu seulement la côte Nord et laissé tomber la côte Sud, pour ça il aurait fallu une autre année – mais (…)
chronique photos et journal, par François Bon
Articles les plus récents
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roman fleuve
12 juin 2010, par François Bon -
la ville la terre
9 juin 2010, par François BonFaire le tri, disposer dans des cartons. Ce qu’on donne, ce qu’on jette, ce qu’on rembarque. Livres qu’il ne vaut pas la peine de, ou livres qu’on est content de. Mutation informatique : c’est le disque dur qui inclut le plus de traces matérielles, et ça c’est facilement transportable. Si peu d’acquisitions matérielles – fringues pour le grand froid, mais on nous a privés des vrais grands froids, hiver qui a trop vite passé, comme le reste. Replacer dans les cartons les livres qui ont servi (…)
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moleskine
6 juin 2010, par François BonComme affronter nappe souterraine bien plus lourde que ce qu’on se connaît de vieille procrastination, ou bien tout simplement la confiance qu’on a à simplement lire et rêvasser, parce qu’on sait que là aussi la ressource principale pour entrer dans ce monde flottant de l’écriture. Départ dans 20 jours, il y a bien des choses concrètes à empiler brique sur brique comme un mur : rangement, transporteur, sécurité sociale, tri de ce qu’on jette, ce qu’on donne et à qui, et de ce qu’on rapporte. (…)
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2010.06.06 | Québec, la bibliothèque surveillée
6 juin 2010, par François Bonécrans de surveillance à ciel ouvert, à Gabrielle-Roy (Québec) – plus quelques notes
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2010.06.04 | Québec poitrine rouge
4 juin 2010, par François BonHier j’étais dans cette montagne (juste derrière l’usine à papier dont voici la 80ème captation tout au long de cette année, depuis points distincts de la ville). On était dans une maison en bois construite à flanc de pente dans la forêt, avec les rapides tout en bas et dans la maison des livres. Avec l’hôte on a marché jusqu’à l’eau. Puis, partageant fromage et vin dans sa cuisine, cette planche qu’il avait installée sur le surplomb : des geais parfois tout bleus, des pics, des mésanges (…)
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du genre
3 juin 2010, par François BonSur les variations transatlantiques du genre, je renvoie à L’Oreille tendue (à installer d’office dans vos flux rss si ce n’est pas déjà fait) et son décryptage qui concerne bien plus que le Québec . Qui n’a pas non plus le monopole de cette approximation de la langue. Celle-ci est bien emblématique. Par exception en voici une autre ci-dessous.
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iPad-ing
2 juin 2010, par François BonPhoto presque incestueuse : faire monter son site comme point de départ des voyages. Alors le site devient lui-même l’objet, il en est à l’exacte dimension, on touche du doigt les liens et les images, et si on veut entrer dans les mots on fait apparaître les lettres à même la surface du texte (l’effleurement dans une case recherche faisant apparaître le clavier, et nos feuilletoirs publie.net accueillis pleine page, nos abonnés n’ont qu’à entrer leur identifiant habituel). C’est la rapidité (…)
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2008.07.07 | visite à Louise Bourgeois
31 mai 2010, par François BonLouise Bourgeois, 1911-2010, mémoire
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brouillard sale et jaune
31 mai 2010, par François BonUn brouillard sale et jaune inondait tout l’espace, ce beau vers de Baudelaire qui revenait, mais ça sentait trop le brûlé sur la basse-ville, et on ne voyait pas le bout de la rue. Des feux de forêts j’en ai vu, dans le Sud, en Grèce etc. Ici je savais qu’ils existaient, mais je les croyais trop loin. Toujours ce problème de disproportion au Québec : les nuages de fumée avaient rejoint la ville et l’enveloppaient. Je repensais à ces deux immenses romans de Blanchot, Aminadab et Le Très-Haut (…)
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nuit bruit
29 mai 2010, par François BonSont arrivés hier soir 20h, camions qui vident la chaussée du boulevard et l’interdisent aux voitures, et puis c’était très beau dans la nuit : gigantesques machines à fraiser par bandes de deux mètres, camions rouges clignotants pour évacuer le bitume, etc. Mais pourquoi un vendredi à huit heures du soir ? A six heures, ce matin, il y a eu une brève interruption, tout d’un coup l’immeuble ne vibrait plus (les klaxons des engins en marche arrière). A six heures et demie ça a repris. Il avait (…)