1
Comment vivre sans os ?
2
Le verre transparent vide, vide et sur la table ronde – ronde est la bouteille à son côté, côté droit du verre et pleine, pleine de glaçons tandis que brûle la forêt — la forêt que l’on ne voit pas mais que l’on sait être de l’autre côté de la fenêtre grande ouverte, ouverte sur le monde et le bruit des canadairs — des canadairs qui sillonnent le ciel, le ciel qui donne sa lumière aux cahiers posés, posés et empilés, empilés les uns sur les autres — les autres aussi sont emplis de mots, mots écrits, raturés, silencieux, silencieux comme le son qui sort habituellement de l’enceinte — sur le radiateur — le radiateur blanc contre le mur blanc, blanc semblable à la petite armoire envahie par les livres, livres lus, lus avec avidité, toujours, toujours l’avidité — avidité d’images, de poésie, d’interrogations, interrogations sur les plantes collées, collées par la chaleur étouffante, étouffante est l’atmosphère en flammes — flammes surgissantes de la colère de la terre — la terre dans les pots des plantes — plantes vivantes auprès des ouvrages de philosophie qui se glisse dans les écrits, écrits de tous ces auteurs.erices aimées, aimées comme le sont les chiens — les chiens dont les laisses, s’emmêlent, s’emmêlent pêle-mêle dans le bac, le bac — non pas de sable mais de jouets, jouer à poursuivre le chemin, chemin qui mène à l’entrée ouverte de la cuisine, cuisine — à l’ancienne pas rénovée mais rénover voudrait dire des sous et — des sous, j’en achète des robes, robes jolies et d’été, d’été, d’été qui s’écoule, s’écoule — tel l’eau dans le vase, le vase pour les fleurs, les fleurs sur la table, la table ronde — ronde où le verre vide est, transparent.
3
Le seul voyage que j’aime est celui que je fais avec moi-même.
Mais cela en fait il un livre pour autant ?
4
Je ne suis plus certaine de vouloir ouvrir les portes.
5
Mon écriture est toujours inachevée. Soit parce qu’elle n’est pas terminée. Soit parce qu’elle n’est pas commencée. Soit parce qu’elle n’est pas publiée. Mon écriture est toujours inachevée. Il est rare qu’elle ait terminé son chemin. Mon écriture n’est jamais telle que je la rêverai. Et pourtant il suffirait que je m’y attelle. Mais s’y atteler parfois je l’ai fais. Et ça déborde. Et quand ça déborde, parfois ce n’est pas si bon et pas si fin. Il me semble que tout écrire voudrait dire écrire toute une vie. Car écrire toute la vie est une vie qui grandit, qui s’interroge, se corrige, rature et refait. Mon écriture reste inachevée car elle est toujours refaite. Il est rare le moment où je ne la touche plus et où chaque mot trouve sa place. Mon écriture est toujours inachevée. C’est une écriture en chemin, une écriture qui chemine.
Quelle force – émotion – ce texte, contraste entre forêt qui brûle et murs blanc de l’appartement, paisible. Beaucoup aimé « flammes surgissantes de la colère de la terre ». On la sent la caméra qui tourne dans la pièce, même si pas évoqué !
Merci mille fois Isabelle pour votre regard.
inachevée, elle chemine, elle a des os des nerfs des sens des robes…
ton écriture qui tourne avec le feu qui emporte et dévaste
Merci
Chère Nathalie merci d’être passée par là.
« Mon écriture reste inachevée car elle est toujours refaite. » oui, on est dans une matière mouvante qui nous attire nous échappe, merci Clarence
J’ai adoré ta proposition, c’est toi que je remercie. Bonne soirée.