A propos de Caroline Diaz

Née un 1er janvier à Alger, enfant voyageuse malgré moi. Formée à la couleur et au motif, plusieurs participations à la revue D’ici là. Je commence à écrire en 2018 en menant un travail à partir de photographies de mon père disparu, aujourd'hui c'est un livre, Comanche. https://lesheurescreuses.net/

#été2023 #06 | arrondir les fins de mois

La fille écorçait les châtaignes, on les donnait au maître, en échange le fils apprenait. Elle a du quitter la communale à onze ans pour s’occuper des petits nés d’un second lit, renonçant à l’espoir d’une vie meilleure. L’argent du mois était serré dans des enveloppes, une par semaine, s’il restait un billet on le glissait dans une ultime enveloppe, Continuer la lecture#été2023 #06 | arrondir les fins de mois

 #été2023 #05bis | la mer

Je suis fille de montagne, la mer je ne l’ai jamais vue que d’en-haut, je m’attardais à peine sur son reflet, je suis docile, fille de montagne, la mer ça ne comptait pas, mais peut-être parce que ce jour là la lune était pleine qui gonflait la mer j’ai senti sa présence plus forte, et comme on m’avait oubliée j’ai Continuer la lecture #été2023 #05bis | la mer

#été2023 #05 | si je meurs un jour

Lina Je n’ai trouvé nulle part l’acte de décès, j’ai écumé les archives en ligne, je suis plutôt douée, et tenace, j’ai fait écrire en Italien dans sa commune de naissance, peut-être que l’acte de décès y a été enregistré, rien, à se demander s’il est bien mort, oui forcément, c’était y a plus de cent ans, il est mort, Continuer la lecture#été2023 #05 | si je meurs un jour

#été2023 #04 I les vacances

Les vacances. Depuis Bastia on prend la route de la Lagune, on passe le hameau de Pineto, on se gare sous les arbres. Dans l’air l’odeur des pins et des eucalyptus, de sable tiède. On déplie la table et les chaises de camping à l’ombre de la pinède. Une radio diffuse une chanson de Claude François, Petra se déhanche, chante, Continuer la lecture#été2023 #04 I les vacances

#été2023 #03 | des mots qui lui viennent

On dit qu’Anne-Marie est née en deçà des monts, qu’elle connaît tous les chemins alentours, celui de Sant Agostino, au bout duquel il y a les ruines de San Pancrazio où elle aime se cacher. Juchée sur un tas de pierre, elle fouille le vallon et le ciel, scrute l’horizon, observe la métamorphose des nuages, leurs ombres sont comme des Continuer la lecture#été2023 #03 | des mots qui lui viennent

#été2023 #02bis | telle que dans l’enfance (revisite)

Les rares taxis qui tournent sur la place sont tous signalés « occupés » par la loupiote rouge sur le toit. Quatre chauffeurs refusent d’aller à Orly, je m’en prends au cinquième qui s’excuse, c’est à cause des événements, quels événements, les chefs d’état, alors je me souviens des hélicos de la veille, et du sommet sur le climat aujourd’hui Continuer la lecture#été2023 #02bis | telle que dans l’enfance (revisite)

#été2023 #02 | où nous nous étonnions du silence

C’est le dernier endroit où ma mère a vécu. De tous les lieux où elle a vécu celui que j’ai trouvé le plus beau, avec ses plafonds hauts, ses murs blancs, ses tommettes et ses carreaux mouchetés. Ce lieu il m’importe de m’en souvenir, et au moment même de l’écrire je me rends compte à quel point tout est flou. Continuer la lecture#été2023 #02 | où nous nous étonnions du silence

#été2023 #01bis | un mirage

Dès l’aube. C’était ici, l’île était un point d’ancrage si puissant, si central, ça venait par la mer, par l’horizon, ça descendait des montagnes, des frondaisons, ça éclatait comme du mica, tout était là qui venait frapper, la lumière, les vagues, les fantômes, le désordre. Et je devais obéir. Me saisir de la lumière, du désordre. D’une image. D’un éblouissement. Continuer la lecture#été2023 #01bis | un mirage

#été2023 #01 | d’où j’écris

Je me suis installée dans la chambre de l’aile nord, mais ce n’est plus la même chambre, puisque l’aile nord a été entièrement détruite il y a deux ans, qui menaçait d’attirer la maison tout entière vers la mer. C’est donc dans la chambre de l’aile reconstruite que je m’installe. Les murs de pierres ont été remplacés par une structure Continuer la lecture#été2023 #01 | d’où j’écris

#été2023 #00 | l’amie retrouvée

M’est revenu un livre de l’enfance, deux tomes d’une édition jeunesse, Rouge et Or Dauphine. Un roman illustré. Les longues nattes blondes de l’héroïne sur la couverture cartonnée et brillante. D’où je tenais le livre ? Imprimé en 1964, peut-être qu’il m’attendait dans le garage de la maison où nous venions de nous installer, coincé entre les Delly et les Continuer la lecture#été2023 #00 | l’amie retrouvée