A propos de Françoise Renaud

Parcours entre géologie et littérature, entre Bretagne, Languedoc, et Limousin. Certains mots l'attirent : peau, pays, rébellion, atlantique (parce qu’il faut bien choisir). Romans récits nouvelles poésie publiés depuis 1997. Vit au flanc ouest du Massif Central. Et voilà. Son site, ses publications, photographies, journal : francoiserenaud.com. Sa chaîne YouTube : TerrainFragile.

#40jours #18 | revenir au pays

Tu as eu plusieurs chez toi depuis le temps. Tu ne sais pas lequel choisir. Les répertorier d’abord. Constater que le lieu de l’enfance demeure encore et toujours primordial, tu dis chez moi quand tu en parles aujourd’hui encore. Ce n’était qu’un village, un bourg au bord de la mer de Bretagne. Tu revenais de l’école par un chemin bordé Continuer la lecture#40jours #18 | revenir au pays

#40jours #17 | souvent surprises

Souvent surprise dans le hall de l’aéroport. Corps arc-bouté sur la charrette haute remplie de produits ménagers et poubelle accrochée à l’arrière. Peau assez claire. Corps enflé, voire déformé, dissimulé sous la blouse bleu ciel un peu trop juste. Pas jeune. Une vie dans le hall de l’aéroport et dans les toilettes et dans les placards de ménage. Cheveux épais Continuer la lecture#40jours #17 | souvent surprises

#40jours #16 | le jus des fruits

Se souvenir comment ça s’était passé chez elle au début, cette envie d’écrire, cette capacité à inventer un projet capable de répondre à cette envie forte survenue un beau jour à vingt ans. C’était venu à cause d’un homme à qui elle écrivait presque tous les jours, une passion à distance, un amour impossible à sauver — trop jeune encore pour Continuer la lecture#40jours #16 | le jus des fruits

#40jours #15 | comment ça naît je me demande

comment ça naît comment ça vient je me demande souvent comment ça se fait bien sûr que ça se fait au-dedans de la terre forcément au début ça commence par un engin qui creuse et des camions qui font des tournées qui vident et remplissent embarquent du matériau en quantité ça creuse ça naît comment comme un mouvement ça commence Continuer la lecture#40jours #15 | comment ça naît je me demande

#40 jours #14 | ranger régulièrement les choses dans le bon dossier et par ordre chronologique tant qu’à faire

Elle est assise à son bureau, réfléchit. Où est passée ma carte d’électeur ? C’est vrai qu’elle égare régulièrement des choses, il le lui reproche. Ce papier était pourtant là près du téléphone ou la clé du portillon pendue au crochet du mur, elle s’en souvient. Il dit que non. Cette fois, disparu le papier ou la clé. Elle a tenté Continuer la lecture#40 jours #14 | ranger régulièrement les choses dans le bon dossier et par ordre chronologique tant qu’à faire

#40 jours #12 | matière vitre

suis montée dans le tram | ai trouvé une place au milieu de la voiture | ai pris un air désinvolte avec sac sur les genoux tout en concentrant mon attention sur la vitre une fois assise à ma place histoire d’avoir l’air d’être occupée, une minute d’attention ou deux ou trois accordée à cette vitre presque à me toucher Continuer la lecture#40 jours #12 | matière vitre

#40 jours #11 | dédale

La ville est inconnue. On y a débarqué il y a seulement trois jours, on loge dans une chambre sommairement meublée dans un petit hôtel tenu par des réfugiés, on a bien l’intention de découvrir, on y va, on explore avec une carte en main — carte simplifiée récupérée au bureau de tourisme de l’aéroport –, la plupart du temps Continuer la lecture#40 jours #11 | dédale

#40jours #08 | bousculements du paysage

Tout a changé vite, je ne reconnais plus rien. Chaque fois que j’ai rendez-vous dans la ville, Tout a changé vite, je ne reconnais plus rien. Chaque fois que j’ai rendez-vous dans la ville, ma ville, celle où j’ai vécu depuis mon époque étudiante, je prends le tram. Les lignes sont reconnaissables grâce à des voitures de couleurs différentes, des Continuer la lecture#40jours #08 | bousculements du paysage

#40jours #04 | sols poussière

des mois sans pluie, poussière infiltrée dans la moindre fissure, poussière de déserts lointains | première impulsion à franchir le seuil de porte qui déborde sur la rue marqué d’impacts de roues qui ont frotté, avec le bon pied et non sans précaution | accéder à la partie bitume (incessantes variations de niveau) | partout sols en réclamation d’hydratation, donc Continuer la lecture#40jours #04 | sols poussière

#40jours #07 | plus bas encore

Rien qu’une descente en béton crénelé pour éviter le dérapage quand il pleut ou gèle, on l’aborde en contournant la maison, en fait le seul accès à la cave – un lieu réservé au père qui y stocke ses tonneaux et y paie un coup à boire aux visiteurs de sexe masculin –, il y règne une odeur de moisi Continuer la lecture#40jours #07 | plus bas encore