autobiographies #11 | … enfin… car enfin…

…enfin… car enfin, il faut en parler enfin de cette affinité avec les pois, tous les pois – plutôt les petits, toutefois, les blancs et petits ce jour-là, et le pourquoi aussi de ces pois blancs et petits ce jour-là il faut en parler ; le pourquoi de ces pois petits et blancs sur leur fond bleu marin, humeur de grand soleil sans manches et discrète élégance, les ongles étaient finement oblongs et d’un grenat lentement étiré – lentement et impeccablement… l’audace a ses couleurs aussi ; alors, les jours de grande humeur, les pois sont noirs sur fond rouge, rouges sur fond blanc un autre, et puis un autre encore et les voilà crème sur un marron glacé ou sur un vert tilleul ; pour tout dire… pour tout dire enfin, affinité avec les pois est inconditionnelle, tous ces pois croulant dessous le poids des pois, le poids de cette affinité avec les pois, d’une affinité enfilant ces pois d’un collier rêvé, d’un collier à trois… car enfin, enfin, parlons-en de ces pois, de ces pois de l’ordre d’une impalpable, d’une insolite génétique partagée – pour couvrir un tel spectre de pois avec leurs humeurs, leurs matières, il faut bien être trois ; affinité insolite, triangulaire avec des pois tombés d’une généalogie à trous – à trous, à pois, selon comme on les voit ; et cependant, ce jour-là, des pois petits, très petits, tout petits, moins petits toutefois que des grains de sable tout au bord de la mer, tout au bord et au fond, bien sûr, moins petits, moins nombreux aussi, tout petits, moins nombreux mais tenant cependant d’une même profusion, des pois, des grains réservant surprise au regard impatient de découvrir nouvelle harmonie de pois et de fond nouveaux, réservant surprise à la main quand elle ne cherche rien, juste la quiétude dans cette présence de pois ; pois petits, moins petits que des grains de sable mais ondulants et pareillement crantés par les courants de l’eau et les courants de l’air, séchés par le soleil, décoiffés par l’embrun et le vent, crans de flux et de reflux, crans brossés négligemment puis gentiment replacés juste au dessus du front … sait-on jamais, quand on s’y penche et que l’on creuse, ce que l’on trouvera sous l’infinité de pois, l’infinité de grains enfouis sous ceux de la surface, en quête de lumière eux aussi, de soleil sur leur fond bleu marin… pois déployant leur profusion avec une telle régularité que l’on ne sait plus, quand ils sont noirs sur fond carmen ce qui a généré l’audace… pois à équidistance, équidistance pour que chaque pois respire, laissant au bleu marin sa place, pois petits, tout petits mais dépourvus de la béance du trou dans le ticket de métro… vigilance à les retenir tous, même si de pois, du cou jusqu’aux genoux sur leur fond bleu marin, il y en a à ne plus savoir qu’en faire… affinité, enfin, de ces pois blancs sur leur fond bleu marin avec les voiles et les volants, volants de voile léger comme des pongés… de sorte que, doublant ses volants le long de l’encolure et en dessous des genoux, l’affinité n’en finit pas de tourner dans la tête. 

A propos de Christiane Mansaud

Besoin de passer par d'autres langues - connues, inconnues, pour mieux sentir celle en creux, la redécouvrir, l'explorer de la voix, la réécrire, la modeler, aller jusqu'où il est possible - qui mène l'autre ? mystère...

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