autobiographies #11 | ce qui les tient

Mouchoir d’un pli

Oeil de colombe jailli d’un pli brun. Trait rose (tu le vois?) brodé sur la paume où la parure d’ange miniature côtoie les bagues qui trinquent avec la table, les mots. Roule les r. Ici c’est chez moi dit-elle. Parfum jailli d’une poche. Parfum jamais lourd sur son rire, sur son cou duveteux (le Christ aussi aime s’endormir juste là), monte, descend, roule, roule les r. Parfum de coton et de graines tendres. Force inouïe en boule, malléable allié toujours là, là, là que j’habite dit-elle. Amulette à coins d’yeux, de nez, de bouche. S’enroule torsadé dans les trous. Chez moi. 

Un maillot de corps

Juste en dessous, dessous, regarde, doux là-dessous blanc chaque matin enfilé. Armure impeccable alors que déjà rasé de près perlé d’eau de Cologne il prépare le combat contre le temps pour répondre à l’appel d’un destin sans merveille. Enfilade des chemises et des jours en embuscade les uns derrière les autres, craindre, tenir, tenir debout, tenir droit, tenir bon, retenir son corps serré par les dents. 

Un soutien-gorge

Hier, deux énormes yeux ont poussé sa gorge en avant. Ils ne voient rien, ne sentent rien, ne donnent rien. Ils ne savent même pas chanter. Ce n’est pas moi, dit-elle, oubliez-les, dit-elle, je n’en veux pas, dit-elle. Tout le monde absolument tout le monde les regarde alors qu’ils ne regardent personne. Je vais les serrer, dit-elle, et elle les serre, je vais les étouffer, dit-elle, et elle les étouffe, je vais les tuer.

A propos de Lisa DIEZ

Chercheuse polyvalente, sorte d'artiste tout-terrain. Site en construction : www.atelierdiez.com

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